jeudi 14 avril 2011

La fin du nucléaire, le début de l'avenir

Dans Le Monde Diplomatique de ce mois d'avril, l'article "Atome contre biodiversité à Jaitapur" (lien direct) expose la situation tendue dans cette région ouest de l'Inde.
La région de Jaitapur a été choisie pour implanter la plus grande centrale nucléaire du monde. Elle comprendra 6 réacteurs EPR de 1650 mégawatts chacun. Le chantier doit démarrer en 2012 et se terminer en 2017.
Il s'agit d'un énorme contrat entre la compagnie indienne du nucléaire (NPCIL) et le géant français Areva, mais surtout, 70% du financement en dette, avec des prêts notamment du Crédit Agricole, de la BNP et de la Société Générale. Il est même envisagé une garantie d'état française. Bref, beaucoup beaucoup de pognon, pour une technologie pas encore au point : l'EPR en chantier en Europe a explosé son budget et ses contraintes techniques font peur à voir (Greenpeace vous explique tout).
Et sur le terrain : 40 000 villageois que l'on va faire déplacer contre leur gré, une agriculture et une tradition de pêche qui doit s'écraser pour faire place propre, l'endommagement d'une biodiversité exceptionnelle et fragile, et enfin, un risque sismique avéré (jusqu'à 7 sur l'échelle de Richter), au bord de l'océan indien.
A lire aussi pour bien cerner la situation, cet exposé rapide et clair sur le site des Amis de la Terre.

Le fond à retenir dans tout cela est très bien résumé dans l'article du Monde Diplomatique :
"Jaitapur est essentiel à la viabilité d'Areva, explique le physicien Vivek Monteiro, qui a suivi la trajectoire de la société française. Areva est en crise et attend une injection massive de capitaux. Si Jaitapur s'effondre, cette crise va se renforcer. La compagnie française mène donc un lobbying intense auprès du gouvernement indien pour qu'il poursuive ce projet, contre la volonté des habitants."

Alors voilà, nous avons un exemple parfait illustrant l'urgence d'un changement de politique énergétique. Le nucléaire est un boulet financier, doublé d'une épée de Damoclès environnementale et sanitaire à long terme. On reproche aux énergies renouvelables d'être dépendantes des subventions pour être rentables, mais on oublie de dire les milliards qui ont été écoulés depuis des décennies pour que le nucléaire fonctionne aujourd'hui !
Sans parler des dépenses induites par les crises. Exemple : Tchernobyl et ses milliers de liquidateurs irradiés, ses sarcophages démesurés, les soins de santé des populations touchées, les territoires inhabitables...)
Dans cet article du journal Le Monde à propos de la catastrophe de la centrale de Fukushima-Daiishi au Japon, on peut lire qu'une première estimation des dédommagements que la compagnie Tepco aura à payer, s'élève à 130 milliards de dollars. (et la crise n'est pas terminée)

Qui va payer ça ?...

Le nucléaire a fait son temps, merci bien. Accompagnons-le dans sa mort (fin progressive des programmes, démantèlement, etc), remercions-le pour les services rendus (électricité produite), et passons activement à l'ère de l'énergie raisonnable.
Au lieu d'avoir peur pour son avenir, Areva n'a qu'à prendre une profonde inspiration, regarder la planète droit dans les yeux, et se lancer dès aujourd'hui dans sa reconversion totale vers le renouvelable. Le réseau Sortir du nucléaire est un bon guide pour ce changement.

On va y arriver !

1 commentaire:

alarig a dit…

Ça craint pour l'avenir tout ça!!