mercredi 20 avril 2011

MEXIQUE - Appel à la paix et la justice, de Javier Sicilia

Pour la première fois sur ce blog, je retranscris un texte en entier. Parce qu'il me touche beaucoup et qu'il doit être élevé le plus haut possible, afin que les choses changent au Mexique.
Cet appel du poète et écrivain Javier Sicilia est paru début avril dans le journal mexicain Proceso.
(source intermédiaire : Courrier International)


Le brutal assassinat de mon fils Juan Francisco et ceux de Julio César Romero Jaime, de Luis Antonio Romero Jaime et de Gabriel Anejo Escalera [retrouvés morts, les mains attachés et avec des signes de torture le 28 mars] viennent s’ajouter à la longue liste de ces jeunes gens et jeunes filles sacrifiés aux quatre coins de notre pays. C'est non seulement la guerre déclenchée par le gouvernement Calderón [en décembre 2006] contre la criminalité organisée qui les a tués, mais aussi le cœur pourri d'une classe politique mal nommée et qui a perdu tout sens de l’honneur.

Nous en avons par-dessus la tête de vous, les politiques — et quand je dis politiques, je ne pense à aucun responsable en particulier, mais à une bonne partie d’entre vous, y compris ceux qui composent les partis. Car dans vos luttes pour le pouvoir, vous avez déchiré le tissu de la nation. Au milieu de cette guerre mal engagée, mal faite, mal dirigée, cette guerre qui a mis le pays en état d’urgence, vous avez été incapables de créer les consensus dont le pays a besoin pour atteindre à l’unité sans laquelle il n’y aura pas d’issue possible : vos mesquineries, vos bagarres et vos rivalités dérisoires sont passées avant tout. Nous en avons ras le bol parce que la corruption des institutions judiciaires donne lieu à des complicités avec les criminels et favorise l’impunité. Nous en avons plus qu’assez parce qu’avec cette corruption qui signe l’échec des autorités, chaque citoyen de notre pays est réduit à ce que le philosophe Giorgio Agamben appelle, utilisant un mot grec, zoe : la vie non protégée, la vie d’un animal, d’un être qu’on peut séquestrer, violenter, assassiner impunément.

Nous en avons jusque-là parce que, dans ce pays, il ne reste plus d’imagination que pour la violence, pour les armes, pour l’insulte, ce qui va de pair avec un profond mépris pour l’éducation, la culture, le travail honnête et ce qui fait les bonnes nations. Nous en avons jusque-là parce qu’à cause de cette absence d’imagination nos jeunes, nos enfants sont assassinés, puis faussement accusés d’être partie prenante de la criminalité. Nous en avons plus qu’assez parce qu’une autre frange de nos jeunes, faute d’une politique digne de ce nom, ne peut pas recevoir une véritable éducation, trouver un travail décent, et que, relégués vers la marge, ils deviennent des recrues de choix pour la criminalité organisée et la violence. Nous en avons jusque-là parce qu’à cause de tout cela les citoyens ont perdu confiance en ceux qui les gouvernent, en leur police et leur armée, parce qu’ils ont peur et qu’ils souffrent. Nous en avons jusque-là parce que tout ce qui importe à la classe politique, au-delà même d’un pouvoir impuissant, réduit à la gestion du malheur, c’est l’argent, aiguillon de leur concurrence, de leur putain de “compétitivité” et de la consommation à outrance, qui ne sont jamais que d’autres noms de la violence.

Nous en avons jusque là de vous, les criminels, de votre violence, de votre déshonneur, de votre cruauté, de votre déraison. Il fut un temps où vous aviez le sens de l’honneur. Vous n’étiez pas si cruels dans vos règlements de compte, vous ne vous en preniez ni aux citoyens ni à leurs familles. Mais, désormais, vous ne faites plus la différence entre les criminels et les citoyens. Votre violence ne peut plus être nommée, parce que même la douleur et la souffrance qu’elle entraîne n’ont plus de nom ni de sens. Vous avez perdu jusqu’à la dignité dans le meurtre. Vous êtes devenus des lâches, vous ne valez pas mieux que les Sonderkommandos nazis qui assassinaient en toute inhumanité des jeunes gens, des jeunes filles, des femmes, des hommes et des vieillards, c’est-à-dire des innocents. Nous en avons jusque-là parce que votre violence est devenue inhumaine, même pas animale — des animaux ne feraient jamais ce que vous faites —, mais imbécile, démoniaque. Nous en avons jusque-là parce que la soif de pouvoir et d’enrichissement vous amène à humilier nos enfants, à les broyer. Vous ne laissez dans votre sillage que la peur et l’épouvante.

Vous, “messieurs” les politiques, et vous, “messieurs” les criminels — j’emploie des guillemets parce que cette appellation ne s’applique qu’à des gens honorables —, avec vos omissions, vos querelles, vos actes, vous avilissez la nation. La mort de mon fils Juan Francisco a suscité un élan de solidarité et un cri d’indignation de la part des citoyens et des médias, ce dont ma famille et moi-même sommes profondément reconnaissants. Une telle indignation fait de nouveau retentir à nos oreilles cette formule si juste que Martí adressait aux gouvernants : “Si vous ne pouvez pas, démissionnez”. Après tous les milliers de cadavres, anonymes pour beaucoup d’entre eux, que nous laissons derrière nous, tant d’innocents assassinés et avilis, il faut maintenant de grandes mobilisations citoyennes qui obligent les politiques à travailler ensemble sur un ordre du jour qui rassemble la nation et crée un véritable état de gouvernabilité. Si vous, “messieurs” les politiques, ne gouvernez pas bien et ne comprenez pas que nous vivons dans un état d’urgence national qui vous oblige à l’unité, vous finirez par régner sur un tas d’ossements et une société d’êtres apeurés, détruits dans leur âme.

Il n’y a pas de vie sans persuasion et sans paix, écrivait Albert Camus, et le Mexique aujourd’hui ne connaît que l’intimidation, la souffrance, la méfiance, la peur qu’un jour un fils ou une fille d’une autre famille ne soit avili et assassiné. Nous ne pouvons plus accepter, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, que la mort ne soit qu’une affaire de statistiques à laquelle nous devrions tous nous habituer. Il est grand temps de rendre sa dignité à notre pays.

dimanche 17 avril 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 02

Voici une nouvelle sélection de documentaires plus ou moins récents, qui je crois valent le détour. Certains d'entre eux sont même visibles librement en ligne (Green, Françafrique et Patent Absurdity par exemple).

-Viva Mexico ! (2010) - Portait du mouvement zapatiste en marche à travers le Mexique.
-Presunto Culpable (2008) - Critique de la justice mexicaine à travers le cas d'un prisonnier innocent.
-Carlitos Medellin (2004) - La foi en la Vie malgré la violence dans une grande ville colombienne.
-Quien Dijo Miedo ? (2010) - Résistance pacifique au Honduras après le coup d'état de 2009.
-South of The Border (2009) - Oliver Stone, cinéaste nord-américain, va à la rencontre des chefs d'état de gauche en Amérique Latine.
-Bassidji (2009) - Entretien en Iran avec la milice religieuse Bassidji, soutien de la dictature d'Ahmadinejad, et obstacle premier à une révolution démocratique iranienne.
-Françafrique (2010) - Relations politiques et business de la France en Afrique.
-House of Numbers (2009) - Qu'est-ce que le Sida ?
-Vaccine Nation (2008) - Les effets secondaires de la vaccination en masse des enfants aux USA.
-Patent Absurdity (2010) - Comment les brevets sur les logiciels cassent l'innovation et inhibent le potentiel de l'outil informatique.
-Gasland (2010) - Etat des lieux aux Etats-Unis où fleurissent les derricks d'extraction du gaz de schiste, provoquant une catastrophe écologique de très grande échelle.
-Into Eternity (2010) - Le chantier délirant d'un stockage souterrain pour déchets nucléaires radioactifs pour 100 000 ans.
-Green (2010) - La déforestation en Indonésie et la survie des Orang-outans.
-La Magie des Haies (2009) - Plaidoyer pour les haies, petites merveilles écologiques pleines d'avenir.
-D'autres Mondes (2004) - Immersion totale dans le chamanisme des Shipibos-Conibos en Amazonie péruvienne.
-Darshan (2003) - Sur la route avec Amma, mère spirituelle indienne, connue mondialement pour avoir pris dans ses bras 29 millions de personnes.

jeudi 14 avril 2011

La fin du nucléaire, le début de l'avenir

Dans Le Monde Diplomatique de ce mois d'avril, l'article "Atome contre biodiversité à Jaitapur" (lien direct) expose la situation tendue dans cette région ouest de l'Inde.
La région de Jaitapur a été choisie pour implanter la plus grande centrale nucléaire du monde. Elle comprendra 6 réacteurs EPR de 1650 mégawatts chacun. Le chantier doit démarrer en 2012 et se terminer en 2017.
Il s'agit d'un énorme contrat entre la compagnie indienne du nucléaire (NPCIL) et le géant français Areva, mais surtout, 70% du financement en dette, avec des prêts notamment du Crédit Agricole, de la BNP et de la Société Générale. Il est même envisagé une garantie d'état française. Bref, beaucoup beaucoup de pognon, pour une technologie pas encore au point : l'EPR en chantier en Europe a explosé son budget et ses contraintes techniques font peur à voir (Greenpeace vous explique tout).
Et sur le terrain : 40 000 villageois que l'on va faire déplacer contre leur gré, une agriculture et une tradition de pêche qui doit s'écraser pour faire place propre, l'endommagement d'une biodiversité exceptionnelle et fragile, et enfin, un risque sismique avéré (jusqu'à 7 sur l'échelle de Richter), au bord de l'océan indien.
A lire aussi pour bien cerner la situation, cet exposé rapide et clair sur le site des Amis de la Terre.

Le fond à retenir dans tout cela est très bien résumé dans l'article du Monde Diplomatique :
"Jaitapur est essentiel à la viabilité d'Areva, explique le physicien Vivek Monteiro, qui a suivi la trajectoire de la société française. Areva est en crise et attend une injection massive de capitaux. Si Jaitapur s'effondre, cette crise va se renforcer. La compagnie française mène donc un lobbying intense auprès du gouvernement indien pour qu'il poursuive ce projet, contre la volonté des habitants."

Alors voilà, nous avons un exemple parfait illustrant l'urgence d'un changement de politique énergétique. Le nucléaire est un boulet financier, doublé d'une épée de Damoclès environnementale et sanitaire à long terme. On reproche aux énergies renouvelables d'être dépendantes des subventions pour être rentables, mais on oublie de dire les milliards qui ont été écoulés depuis des décennies pour que le nucléaire fonctionne aujourd'hui !
Sans parler des dépenses induites par les crises. Exemple : Tchernobyl et ses milliers de liquidateurs irradiés, ses sarcophages démesurés, les soins de santé des populations touchées, les territoires inhabitables...)
Dans cet article du journal Le Monde à propos de la catastrophe de la centrale de Fukushima-Daiishi au Japon, on peut lire qu'une première estimation des dédommagements que la compagnie Tepco aura à payer, s'élève à 130 milliards de dollars. (et la crise n'est pas terminée)

Qui va payer ça ?...

Le nucléaire a fait son temps, merci bien. Accompagnons-le dans sa mort (fin progressive des programmes, démantèlement, etc), remercions-le pour les services rendus (électricité produite), et passons activement à l'ère de l'énergie raisonnable.
Au lieu d'avoir peur pour son avenir, Areva n'a qu'à prendre une profonde inspiration, regarder la planète droit dans les yeux, et se lancer dès aujourd'hui dans sa reconversion totale vers le renouvelable. Le réseau Sortir du nucléaire est un bon guide pour ce changement.

On va y arriver !

mercredi 13 avril 2011

Reposons le monde : Méditons...

Avez-vous déjà essayé de méditer ?

C'est à la portée de tout le monde.
C'est une véritable hygiène mentale, un puissant moyen d'apaiser les tensions du corps, et à mon avis, un excellent moyen pour changer le monde en utilisant nos méconnues capacités intérieures.
Pas besoin d'avoir une religion ni d'avoir quelque croyances ou connaissances particulières. Tout cela n'est que bagage superficiel, comparé à la pureté de l'expérience intérieure que permet cette très simple pratique spirituelle ("de l'esprit").

Voici une base de méditation :
-Asseyez-vous (ou allongez-vous). Le confort est important. L'idée est de se détendre.
-Posez vos mains paumes vers le haut, complétement relaxées.
-Fermez les yeux
-Respirez doucement et profondément
-Prenez le temps de sentir chaque partie de votre corps, en commençant par les pieds, étape par étape, et en terminant sur le visage. Prenez conscience des ressentis ou tensions possibles.
-Si des pensées circulent dans votre tête, ce n'est pas grave. Laissez-les passer. La méditation est l'occasion de tout relâcher, de laisser tomber le contrôle mental et le jugement. Contentez-vous d'observer ce qui se passe.
-Souriez intérieurement et extérieurement, et profitez à chaque respiration de cet instant de détente que vous vous offrez...
-Allez aussi loin que vous le voulez, et n'hésitez pas à en faire une habitude quotidienne. On sent vite la différence.

Pour ceux qui veulent du concret, voici un article sur les résultats d'une étude scientifique constatant les effets de la méditation sur le cerveau. Passionnant.



(photo : extrait du film Baraka)

mercredi 9 mars 2011

Mon book complet en ligne

Je viens de mettre en ligne mon "book" complet sur Picasa. Vous y trouverez dessin traditionnel, photo-montages, photographie, infographie, modélisations 3D, conception architecturale et artisanat en bambou.
Je conseille pour le visionner de choisir le mode diaporama, puis d'appuyer sur F11 pour passer en plein écran (et F11 pour en sortir).
Par ici la visite...

mardi 8 mars 2011

En kiosque : CAO3D - avec mon 1e tutoriel Sketchup

La revue 3Dmag vient de sortir un impressionnant hors-série CAO3D. Une vraie mine de tutoriels, aussi bien pour le design industriel que pour l'architecture. Et si vous parcourez attentivement ses pages, vous tomberez sur un tutoriel signé Ludo !
Eh oui, j'ai réalisé pour eux un tutoriel de 6 pages sur un de mes derniers modèles sur Sketchup : la belle maison à pans de bois du 4 rue du Maroquin à Strasbourg, que voici en image. Cette maison se trouve juste à côté du Musée de l'Œuvre Notre-Dame, avec un jardinet gothique à ses pieds.
Le modèle 3D représente environ 40 heures de travail, à partir de photos et surtout à partir des plans complets trouvés aux archives de la ville, par un passionné local, Jean-Michel Wendling, dont voici la page internet, dédiée aux maisons de Strasbourg :
http://maisons-de-strasbourg.fr.nf/
Je le remercie au passage pour son aide précieuse dans ce rêve réalisé.
Pour finir sur le magazine : si vous n'êtes pas bien branché tutoriel, allez à la page suivante, y a comme une interview... ;)

lundi 31 janvier 2011

Pour un usage intelligent de la finance

Dans le paysage banquier et financier français, assez peu de gens ont connaissance de l'organisme financier le plus éthique que nous ayons à disposition chez nous : la Nef.
Née association en 1979 puis devenue coopérative en 1988, c'est une structure de finances solidaires, célèbre notamment par la transparence intégrale de ses ressources. Le rôle de la Nef est de mettre l'argent des épargnants au service du développement de projets d'entreprises ou d'associations à but social ou environnemental.
A la Nef, vous pouvez être sociétaire, épargner ou emprunter. Il est également possible d'ouvrir un compte courant chèque (hébergé chez leur partenaire Crédit Coopératif, puisque la Nef n'a pas l'agrément "banque"). Le siège de la Nef est à Villeurbanne (69), et vous ne trouverez pas d'agences Nef autour de vous. Par contre, des groupes locaux de sociétaires sont constitués partout en France et forment un relai local ouvert, un vrai tissu de relations humaines, pour une autre relation à l'argent et au système financier.
En tout cas, bénéficier des services de la Nef et la soutenir, c'est très simple. Un petit coup de fil répondra à toutes vos questions. En ce qui me concerne, je suis pour le moment sociétaire.
Pour ceux qui aimeraient voir grandir l'initiative éthique de la Nef, sachez que cette bien inspirée coopérative travaille actuellement à la création d'une Banque Ethique Européenne, en coopération avec d'autres structures financières solidaires d'Europe (dont une banque italienne). S'ils parviennent à franchir tous les obstacles juridiques et politiques qui se présentent, cette future "B.E.E." pourrait bien être lancée d'ici 2 ans.

Pour en savoir plus :
Le site de la Nef
Article Wikipedia sur la Nef

samedi 8 janvier 2011

Le pouvoir des mots

Si je vous dis "non-violence", vous pensez probablement à Gandhi ou Martin Luther King, dont l'action politique et sociale était marquée par une sagesse simple et puissante.
Moins connue, mais toute aussi importante pour la résolution de conflits, la "Communication Non-Violente" (CNV), proposée depuis les années 60 par le psychologue américain Marshall Rosenberg, et exposée dans son livre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), est un outil à la portée de tout le monde, dans tous les contextes possibles de relations humaines.
La CNV, appelée aussi Communication Consciente, ou Empathique, nous désapprend à constamment juger, critiquer, punir ou condamner, et se base sur l'écoute, la sincérité et l'empathie, pour comprendre quel est le besoin profond en soi et chez l'autre. L'expression comprend ainsi 4 étapes (observation - sentiments - besoin - demande) qu'il s'agit d'appliquer de façon souple et adaptée finement selon la situation.
Le livre est riche en témoignages et exemples concrets, dont certains dans des contextes très difficiles, révélant bien le pouvoir infini des mots et de l'écoute. Marshall Rosenberg a notamment de l'expérience comme conseiller ou médiateur en milieux scolaires difficiles, dans des quartiers sensibles, et dans des régions en conflit violents telles qu'en Israël et Palestine.
Je ne vais pas résumer davantage le contenu de ce livre, riche et exhaustif, et je vous incite, si vous en avez envie, à le lire à votre tour, le faire connaître, et faire l'expérience de tout ce que cette qualité de communication peut améliorer dans votre vie.

Je me rappelle d'un jour il y a 2 ou 3 ans où je parcourais un salon sur la bio et les alternatives, où je suis passé devant un stand présentant la CNV. On m'a abordé et demandé si je connaissais ou si j'utilisais déjà moi-même cette méthode. J'ai répondu que je ne la connaissais pas mais que je savais très bien comment communiquer de façon pacifique ! Et je suis parti du stand, sûr d'avoir raison... Aujourd'hui, après diverses expériences, et la lecture de l'ouvrage de Rosenberg, je réalise que la CNV n'est pas du tout ce que je croyais, et surtout, que j'étais loin de savoir ce qu'est communiquer d'une façon réellement consciente et pleine d'écoute.

Alors, une nouvelle année commence, et pour ma part, le seul souhait que j'ai à faire, c'est que se répande dans notre quotidien cette qualité de communication. Sincérité, empathie et écoute. Car je crois que le monde souffre moins de problèmes techniques que de problèmes de communication.
Prenons soin les uns des autres !

Pour finir, quelques liens :
CNV Réseau Rhone-Alpes (qui aura un stand au Salon Primevère, Eurexpo, Lyon, 11-12-13 mars 2011)
CNV Europe
Vidéo : Marshall Rosenberg expliquant la CNV (en anglais, très clair !)

mercredi 15 décembre 2010

un pur photographe de volcans

On vient de me faire découvrir un photographe sacrément doué : Martin Rietze.
Il y a tellement de vues incroyables dans sa galerie, que j'ai eu bien du mal à me décider laquelle mettre en avant pour le présenter !
La photo ici présente, c'est le cratère du Villarrica, au Chili.
Son site web se surnomme ALPE, pour "Alien Landscape on Planet Earth".
Jugez par vous-même, c'est de la pure bombe !

vendredi 26 novembre 2010

Les nouveaux contes de Michel Ocelot

Michel Ocelot, réalisateur d'animation français à qui l'on doit les magnifiques Kirikou et Azur & Asmar, est de retour cette année avec "Dragons et Princesses" une série de 10 contes de chacun 13 minutes, diffusés cet automne sur Canal+, et sortant en DVD/BluRay le 30 novembre. Il est également prévu pour Juillet 2011 une sortie cinéma de cette collection de contes, adaptés en projection stéréoscopique (3D), sous le nom Les Contes de la Nuit. L'expérience devrait être très intéressante, étant donné le style très plat de toutes ces silhouettes, dignes d'ombres chinoises.
Voici quelques images de Dragons et Princesses, dont une en haute résolution, riche en détails...
Pour mieux visualiser la richesse de cette nouvelle œuvre animée, mais aussi (re)découvrir le brillant CV graphique de monsieur Ocelot, je vous conseille la visite de son site officiel, muni d'une superbe galerie.
Voici aussi la bande annonce de la série de contes.
Et des infos sur Allociné à propos de la sortie cinéma.
Je souhaite un grand succès à cette nouvelle œuvre, et pas seulement auprès des enfants, puisqu'il y a là sagesse et émerveillement à recevoir à n'importe quel âge.
Concernant le futur, Michel Ocelot rêve de réaliser un film d'animation au cœur de Paris en 1900, mais pour le moment, il semble que le prochain projet soit une nouvelle histoire de Kirikou...

mercredi 10 novembre 2010

Les retraites, un trésor impensé

Pour ce billet, j'ai copié le titre d'un article de Bernard Friot dans Le Monde Diplomatique de septembre.
Bernard Friot, économiste et sociologue, a été l'invité de l'émission de Daniel Mermet Là-bas si j'y suis, sur France Inter, le 23 juin dernier, pour parler de la question des retraites.
L'émission est en écoute libre à cette adresse.
Friot nous aide à comprendre que les retraites ne sont pas un problème, comme on veut nous le faire croire, mais sont au contraire un outil social et économique très intéressant et bien plus sain financièrement qu'on ne le pense, qui devrait nous inspirer pour redonner vie au monde du travail. Ses explications sont très claires, et sa vision, rafraichissante et positive, loin des discours pessimistes ambiants.

Dans la continuité, je vous invite à regarder un petit show pédagogique par deux comédiens du "Pavé", expliquant la question des retraites en se basant sur Friot. C'est pas long et ça en dit long ! 1ère partie et 2e partie.

Je termine ce billet avec les dernières mots de Friot chez Mermet :
« Nous avons des tremplins énormes. Ces tremplins, il s'agit de les prolonger. C'est ça être révolutionnaire : c'est voir ce qu'il y a de subversif dans la réalité actuelle, non pas la chercher je ne sais trop où, dans un ailleurs qui n'existe pas. Ce n'est pas faire un pas de côté dans l'utopie (l'utopie est toujours en retard sur la réalité), c'est prolonger ce qu'il y a déjà, de neuf, de vivant, dans le réel. Sortir du discours misérabiliste, sortir du discours mortifère. Il faut sortir de cet incroyable défaitisme collectif, et pour cela, mettre en valeur ce qui est déjà expérimenté avec succès. »

mardi 21 septembre 2010

Voyage dans la Renaissance du Puy-en-Velay

Chaque année depuis 25 ans, ma ville natale du Puy-en-Velay (Haute-Loire) est le théâtre d'une grande fête renaissance, Le Roi de l'Oiseau. Une semaine de reconstitution historique dans la vieille ville dominée par une cathédrale exceptionnelle, des centaines de gens costumés, des concerts de musique ancienne et des spectacles de partout. J'y étais donc la semaine dernière, et l'ambiance était plus que jamais au rendez-vous ! Alors voici quelques belles vues que j'ai cueillies entre les murs de cette chère vieille ville.
Il y aurait tellement plus à montrer...
...mais franchement, il faut en faire l'expérience soi-même, là-bas, à voyager dans le temps.

lundi 20 septembre 2010

Citations d'Anthony de Mello

« Il ne vient jamais à l'esprit des gens que les choses n'ont pas besoin d'être arrangées. Vraiment pas. Comprendre cela est une grande illumination. Les choses doivent être comprises. Si vous les comprenez, elles changent. »

« Comment affronter le mal ? En le comprenant, pas en le combattant. Il disparaît lorsqu'on l'a compris. »

« Ce ne sont pas vos actions qui comptent, c'est votre être. »

« Il n y a pas un seul mal en ce monde qui ne puisse être assimilé à la peur. Pas un seul. »

« Pensez à votre dernier accès de colère. Pensez-y bien et cherchez la peur sous cette colère. Qu'aviez-vous peur de perdre ? Qu'aviez-vous peur que l'on vous prenne ? C'est de là que vient la colère. »

« La seule raison pour laquelle vous ne connaissez pas en ce moment la béatitude, c'est que vous pensez à ce que vous n'avez pas, vous vous concentrez sur ce que vous n'avez pas. »

« Cherchez moins à satisfaire vos désirs qu'à les comprendre. Ne renoncez pas aux objets de vos désirs, comprenez-les ; mettez-les en pleine lumière. Voyez ce qu'ils valent réellement. Si vous supprimez en vous le désir et essayez de renoncer à l'objet de votre désir, vous vous enchaînerez à lui. »

Citation d'un ami jésuite à propos des immigrants autrefois critiqués à New York :
« Ces gens n'apportent pas la délinquance avec eux ; ils deviennent délinquants lorsqu'ils doivent affronter certaines situations. Nous devons nous efforcer de les comprendre. Si vous voulez que la situation s'améliore, évitez de réagir en fonction de préjugés. Les êtres humains ont besoin d'être compris, pas d'être condamnés. »


« La plus belle chose à propos de Jésus, c'est qu'il était à l'aise avec les pêcheurs, parce qu'il savait qu'il n'était pas meilleur qu'eux. »

« Lorsque vous changerez, tout changera autour de vous. »


(Citations tirées de l'ouvrage Quand la conscience s'éveille, éditions Albin Michel, 1994)

mercredi 1 septembre 2010

La musique de Master & Commander

J'ai récemment dessiné un mandala en écoutant la bande originale du film Master & Commander.
Voici 2 belles pièces issues de cette excellente BO.

-l'Adagio du Concerto Grosso Op.6, N°8 en Sol mineur de Arcangelo Corelli.

-le Quintet à cordes Op.30, N°6 en Do majeur de Luigi Boccherini, intitulé "Musica Notturna delle strade di Madrid".

Le film lui-même raconte la marine au temps de Napoléon, mais côté anglais et sur un voyage à la fois militaire et scientifique. Un film intelligent et soigné dans son réalisme historique, par le réalisateur australien Peter Weir à qui l'on doit notamment Witness, Le Cercle des Poètes Disparus et de The Truman Show. Les bandes originales de ses films ont toujours de beaux morceaux de classique.

mercredi 25 août 2010

Purs trips photos

Bien peu de messages blog ces derniers temps, car l'été est très occupé ! Ceci dit, j'ai eu un peu l'occasion de tripper en photo. Voici donc quelques paysages de textures, de formes et de lumières...
Le tressage de bambou vient d'un chantier en cours, que je présenterai bientôt en images ! Patience...

vendredi 9 juillet 2010

Comment changer le monde ?

On ne sait pas ce que sera le futur, mais nous pouvons tous parfois avoir un sentiment positif ou négatif concernant ce qui nous attend, à échelle personnelle ou globale. Je ne suis pas particulièrement optimiste pour cette année 2010, et pour la suite. Il me semble que nous vivons tous en ce moment une crise globale profonde, dont la plus grande part est invisible, intérieure à l'être humain. Je ne compte plus les gens qui sont remués intérieurement en ce moment.

Certains choisissent de se couper de l'actualité, trop souvent déprimante. Je fais partie de ceux qui suivent l'actualité, essaient de la comprendre, et en même temps, s'appliquent à ne pas se laisser affecter négativement.

Le monde est franchement devenu un beau bordel, chaque jour plus peuplé, pollué et consumé par la folie de la croissance. Pourtant, en se renseignant bien, on peut apprendre que dans le même temps, des processus de paix avancent, des pratiques écologiques se développent et se popularisent, que des solidarités durables rétablissent du lien entre des gens là où on y croyait plus...

Le positif semble avancer autant que le négatif. Le Yin et le Yang, précisément.

Ceci dit, nous sommes des humains, avec nos limites, nos sentiments, nos ressentis, et il nous arrive parfois de ne plus croire en l'avenir, de ne voir que de l'obscurité, et se retrouver submergé par la peur, le désespoir, la perte de foi en la Vie... Ces passages peuvent durer des mois.

Ce qui se produit dans ces moments difficiles, c'est un assombrissement intérieur.

La bonne nouvelle, c'est que la solution se trouve aussi à l'intérieur.

A chaque instant, nous avons la possibilité - et surtout le pouvoir - de révolutionner notre état intérieur. Quand le monde semble nous épuiser par sa violence, sa vitesse ou son absurdité, il y a toujours en nous, à l'intérieur, l'espace libre et tranquille pour retrouver confiance et énergie.

On appelle cela la Conscience. C'est surpuissant, et nous y avons accès à chaque instant, si nous le voulons.

Dans la société d'aujourd'hui, nous pouvons tous parfois nous sentir obligés de reconnaissance sociale, obligés de performance dans la compétition professionnelle, la course contre le temps, ou bien se sentir inutile, inintéressant, etc.

Nous pouvons à tout instant nous délester de cette pression, de ces sentiments aliénants.


Pourquoi naissons-nous sur Terre ? Pour réussir une compétition ? Je ne le crois pas.

Je ne crois pas que la Vie attende de nous quelque performance. Je crois que l'essentiel est d'être bon, à soi et aux autres, souvent par des gestes très simples. Et cela ne demande ni diplôme, ni argent, ni gesticulation particulière. Tout se passe à l'intérieur de nous.

Le monde, de plus en plus agité et complexe, semble avoir besoin de notre tranquillité intérieure à tous, de notre Conscience individuelle, racine de l'arbre de la Conscience collective.

Il n'est pas nécessaire de soulever des montagnes pour rendre ce monde meilleur. En s'aimant soi-même et en étant bienveillant envers son entourage, nous faisons déjà de ce jour un jour qui vaut le coup d'être vécu. Et chaque jour que le soleil se lève, ce potentiel est là, à l'intérieur.


Bref, pour moi, changer le monde n'est plus synonyme d'agitation, mais de paix intérieure.

Et je crois que la Conscience que nous atteignons ainsi, nous conduit ensuite à l'action juste.


mardi 22 juin 2010

Mandala 13

Un nouveau mandala, dessiné en écoutant la délicieuse bande originale du film Master & Commander. Comme d'hab, je l'ai passé sur fond noir, ce qui lui donne pas mal de petsch ! ;)

samedi 12 juin 2010

Des documentaires pour savoir et comprendre - 01

Je suis un grand amateur de documentaires, et ces derniers fleurissent ces dernières années, sur des sujets passionnants et rarement abordés dans les médias. Certains sont sortis discrètement au cinéma, d'autres directement à la TV ou en DVD, mais en cherchant bien, il y a moyen de se procurer même les plus rares.
Voici une sélection personnelle, avec le lien vers les bande-annonces :

-The Corporation (2003) - Exploration du monde des multinationales et leur pouvoir démesuré.
-The End of Suburbia (2004) - La folie de la civilisation de la voiture sur le territoire US.
-The Unforeseen (2007) - Face à face entre l'étalement urbain poussé par les promoteurs, et la valeur irremplaçable de sites naturels aux Etats-Unis.
-The Cove (2009) - Une courageuse équipe d'écologistes têtes brûlées s'oppose à un vaste massacre de dauphins dans une baie du Japon.
-La Fin de la Pauvreté ?, de Philippe Diaz (2009) - Comment se fait-il que dans les pays qui s'enrichissent il y ait de plus en plus de pauvres ? Enquête.
-Nouvel Ordre Mondial (quelque part en Afrique), de Philippe Diaz (2001) - Enquête sur le contexte économique, politique et médiatique des massacres en Sierra Leone.
-We Feed The World (2005) - L'état désastreux de l'agriculture dans la mondialisation, et la faim dans le monde.
-Notre Pain Quotidien (2007) - La réalité froide de l'agriculture intensive. Sans commentaire ni musique. Vertigineux.
-Le Cycle Idiot (2009) - Cancer et compagnies pharmaceutiques, une triste histoire de business.
-El Ejido, la loi du profit (2008)- Les inhumaines conditions de travail dans les serres de culture intensive d'Almeria, fournissant fruits et légumes toute l'année pour l'Europe entière.
-La Marche des Gueux (2008) - La force libératrice de la non-violence en Inde, à travers une marche de 25 000 personnes.
-La Vida Loca, de Christian Poveda (2009) - Plongée au cœur des gangs violents du Salvador. Le réalisateur y a laissé sa vie.
-The Coca-Cola Case (2009) - Enquête sur le meurtre de syndicalistes ouvriers de Coca-Cola en Colombie.
-Témoin Indésirable, de Juan José Lozano (2008) - Le combat quotidien d'un journaliste colombien décidé à montrer la dure réalité de la violence dans son pays.
-Pecados de Mi Padre (2009) - Le chemin du fils d'Escobar, plus grand caïd de l'histoire de la Colombie, pour demander pardon aux victimes de son père.
-Au delà de la haine (2005) - En France, les parents d'un jeune homosexuel tué gratuitement, choisissent le pardon plutôt que la haine.