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dimanche 26 février 2012

Braveheart, Mel Gibson, 1995

Avec Braveheart, Mel Gibson a accompli -à mon sens- un film parfait : le scénario, le casting, la direction des acteurs, la photographie, les décors, la reconstitution historique, le réalisme des batailles, la musique... tout est brillamment maîtrisé, et le film nous marque pour longtemps par sa puissance émotionnelle. Les deux Oscars -meilleur film et meilleur réalisateur- sont plus que justifiés pour cette adaptation de la vie héroïque de William Wallace, leader de la rébellion écossaise contre l'Angleterre. Mel Gibson incarne Wallace, sans doute son plus grand rôle.
En hommage à ce chef d’œuvre du cinéma, et comme je suis un fou d'images... voici quelques paysages et visages inoubliables de Braveheart !

samedi 4 février 2012

12 films de Science Fiction minimaliste

Grand amateur de cinéma, et en particulier de Science Fiction (SF), j'aimerais partager avec vous une sélection de films qui sont de bons exemples de ce que j'appelle la SF "minimaliste".
Quand on entend les mots "Science Fiction", on a très souvent l'image des blockbusters hyper spectaculaires et parfois carrément décérébrés qu'Hollywood produit à la chaîne. Comme tout genre romanesque ou cinématographique, la SF se décline d'innombrables manières, et elle devient parfois extrêmement pertinente quand elle aborde des questions profondes de société avec une économie de moyens, en se concentrant sur le vécu humain plutôt que sur le spectacle pur.

- S1m0ne (2002) de Andrew Niccol : une actrice virtuelle devient une superstar et le monde entier la croit réelle. Un pamphlet astucieux sur les médias, le business du cinéma et l'effet de masse populaire.
- Source Code (2011) de Duncan Jones : un jeune militaire se retrouve malgré lui engagé dans un programme expérimental de modification du passé. Un scénario intelligent pour une réflexion sur le sens de la vie et notre rapport au temps.
- The Last Winter (2010) de Larry Fessenden : des scientifiques en Alaska se retrouvent confrontés aux étranges conséquences d'un nouveau type de sondages pétroliers. Une ambiance pesante et prophétique pour alerter sur l'impact profond de l’industrie pétrolière.
- Primer (2004) de Shane Carruth : 2 jeunes ingénieurs découvrent par hasard un moyen de voyager dans le temps. Un des plus petits budgets du ciné SF pour un film minimaliste, réaliste et surtout très mental avec son scénario à structure labyrinthique.
- Monsters (2011) de Gareth Edwards : suite au crash d'une sonde spatiale infectée par une intelligence extraterrestre, la moitié nord du Mexique devient une zone interdite. Un minuscule budget pour un film contemplatif et immersif pensé comme une métaphore sur l'immigration mexicaine aux USA.
- Children of Men (2006) de Alfonso Cuarón : alors que la population mondiale est devenue stérile, une jeune femme enceinte tente de survivre pour donner la vie. Un puissant film d'anticipation décrivant un Royaume-Uni sur-sécurisé contre l'immigration et en proie aux pandémies et au terrorisme.
- Gattaca (1997) de Andrew Niccol : les aspirations à la liberté dans une société dominée par la création et le contrôle génétique. Brillante anticipation d'un futur où la recherche de la perfection génétique annihile l'humain.
- Soylent Green (1973) de Richard Fleischer : un homme enquête sur les origines de la production du "Soleil Vert", le produit alimentaire de base que fournit la multinationale Soylent. Un film visionnaire et inquiétant sur la surpopulation, la destruction de l'environnement et les dérives de l'industrie agroalimentaire.
- THX1138 (1971) de George Lucas : un homme tente d'échapper à un système totalitaire où l'on vit sous sédatif et sous contrôle permanent du comportement. Une vision radicale et glaciale d'un futur hyper hygiéniste avec des individus devenus des numéros et gérés comme du bétail.
- Sleep Dealer (2008) de Alex Rivera : un jeune mexicain devient travailleur à distance à Tijuana et découvre l'énorme impact d'une nouvelle technologie sur la société. Une vision futuriste du Mexique où tout le monde se fait installer des prises dans le corps permettant toutes sortes de services de consommation virtuelle et modes de travail à distance. Un film modeste mais très lucide et provoquant sur l'intrusion profonde de l'informatique et des médias dans nos vies.
- Moon (2009) de Duncan Jones : Les derniers jours de contrat d'un homme seul sur la Lune pour surveiller une installation minière automatisée. Le contexte lunaire est un superbe prétexte pour cette réflexion puissante sur l'isolement de l'humain dans un monde de technologie et de communication virtuelle.
- In Time (2011) de Andrew Niccol : le temps est devenu une monnaie et les plus pauvres triment pour grappiller chaque jour quelques heures de crédit pour continuer à vivre. Une éclairante métaphore de l'absurdité du capitalisme et de la course interminable des fourmis travailleuses humaines pour survivre dans un système contrôlé par la finance.

vendredi 23 décembre 2011

Brendan & le Secret de Kells, une enluminure animée venue d'Irlande

En 2008 est sorti un film d'animation dont on a peu entendu parler : Brendan et le Secret de Kells. Imaginée, réalisée et coproduite par des Irlandais, c'est une réalisation européenne à plus d'un titre : l'animation a été réalisée en Hongrie, la mise en couleur et la 3D viennent de Belgique, et la coproduction, le compositing et la bande originale sont français.
Il s'agit d'un conte initiatique autour d'un monastère fortifié protégeant le Livre de Kells (manuscrit enluminé d'une beauté exceptionnelle) contre les ravages de la guerre. Le film est un hymne à l'Art et la Connaissance et nous emporte dans un voyage au Moyen-Age, époque où les livres avaient une valeur inestimable.
Ce film d'animation est un régal pour les yeux, finement dessiné, plein de références à l'art ancien, à l'Art Nouveau (on pense à Mucha et Klimt) et à l'imagerie des contes (Errol Le Cain par exemple). Son style de trait assez original le détache bien du reste des films d'animations actuels, et les scènes fourmillent d'idées graphiques délicieuses. Les animations des enluminures du Livre de Kells vers la fin sont particulièrement impressionnantes.
Voici quelques images d'ambiance. Et si vous en voulez plus, voici une galerie de captures d'écran.
Enfin, un lien pour en savoir plus sur le vrai Livre de Kells.

mardi 9 août 2011

Sita Sings The Blues, film d'animation beau, drôle et libre !

J'ai découvert récemment un film d'animation très original : Sita Sings The Blues.
La réalisatrice, Nina Paley, est aussi la scénariste, animatrice dessinatrice, productrice... En fait, à part les voix et la musique, elle a à peu prêt tout fait toute seule ! Et pourtant, le travail d'animation est considérable, alternant d'ailleurs différents styles graphiques, avec fluidité et malice, notamment avec une splendide utilisation du découpage-collage. Bref, c'est très riche en textures, ce qui est appréciable pour une animation par ordinateur.
Mais que quoi ça parle ? Là encore on est dans l'originalité : la réalisatrice nous raconte la malheureuse histoire d'amour de Sita, épouse de Rama, personnages de légende hindous, récit symbolique qu'elle met en parallèle avec son propre vécu sentimental, tout ça avec un humour et un regard décalé très rafraîchissants.
Alors, comme si tout cela ne sortait pas assez de l'ordinaire, l'artiste engagée qu'est Nina Paley a choisie de rendre le film libre de droit ("open source"), l'ayant d'ailleurs réalisé massivement à partir de matériaux existants et libres également. Le film est donc accessible gratuitement en haute résolution, et l'artiste nous encourage à le copier, diffuser et réutiliser à loisir. Je vous invite à visiter le site du film qui explique en détail le sens de ce choix éthique hors du commun.
Pour finir, j'encourage aussi la visite du site de Todd Michaelsen, compositeur de la musique du film, dont l'excellent "Sita In Space" que vous pouvez écouter intégralement sur son site.

mercredi 13 juillet 2011

Avatar, James Cameron, 2009

Au milieu de mes derniers messages très politiques et polémiques, petit détour rafraîchissant dans le monde du cinéma. J'ai l'habitude sur ce blog de rendre hommage à l'imagerie du 7e art, et ça fait un moment que j'avais envie de faire un post sur Avatar.
Voilà un film que l'on peut rapidement juger de "commercial". Pas de doute, c'est un "blockbuster" bien spectaculaire, au scénario simpliste et aux personnages stéréotypés. Sauf que derrière les clichés, le grand spectacle et les omniprésents effets spéciaux, il y a dans ce film un voyage dépaysant, symbolique et quasi initiatique, par lequel le réalisateur James Cameron nous fait découvrir la résistance du peuple d'une planète contre les colons humains. Ce schéma (colons contre autochtones) ô combien calqué sur la vraie histoire humaine, Cameron, dingue de science-fiction depuis l'enfance, a voulu l'explorer sous une forme la plus exotique possible, loin dans le futur et dans l'espace, nous décollant de la terre pour ensuite mieux nous y reconnecter.
On peut reprocher à Avatar son grand paradoxe : un budget colossal et une débauche de haute technologie au service d'une histoire rendant hommage aux peuples dépouillés matériellement et proches de la nature. Pour moi, Avatar est une sorte de pont tendu entre la société de consommation et la conscience écologiste (aussi naïve et incohérente que puisse être cette intention). Par sa forme "grand spectacle", Avatar attire des foules qui viennent se divertir, et par son fond, il insuffle à ces mêmes foules une prise de conscience subversive multiple : l'interdépendance des êtres dans l'écosystème, notre lien spirituel avec l'animal et le végétal, l'épanouissement du corps et de l'esprit, et surtout la nécessité d'une rébellion collective contre le système capitaliste et guerrier menaçant l'avenir de la vie sur la planète.
Alors si Avatar aura réussi à introduire à l'écologie et à l'altermondialisme ne serait-ce qu'un centième de ses centaines de millions de spectateurs, ce sera plutôt pas mal pour un film de science-fiction...

Et visuellement, on voyage :