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vendredi 12 octobre 2012

Des documentaires pour savoir et comprendre - 08

L'article leitmotiv sur ce blog, c'est ma sélection de documentaires dénichés sur le web. Cette fois-ci, un peu d'environnemental (la forêts amazonienne, les montagnes de déchets, les grands barrages...), un peu de politique (Chine, Colombie et Chili), beaucoup de social (Sierra Leone, Inde, Canada, Mexique, Nicaragua...) et une recherche de sens dans le système économique (remise en question de la pensée "PIB" et réflexion concrète sur le concept de "revenu de base").
Ci-dessous, descriptifs et liens vers site officiels, bande-annonces voire même film complet dans certains cas.
Cliquez ici pour revoir toutes les sélections documentaires d'un coup.

-Facing Animals (2012) - Exploration de la relation parfois si étrange entre l'humain et l'animal, et de la question : pourquoi prenons-nous soin et humanisons certains animaux tandis que nous en ignorons tant d'autres dans les élevages destinés à la consommation ?
-Les Moissons du Futur (2012) - Après son célèbre "Le monde selon Monsanto", la journaliste Marie-Monique Robin revient sur le terrain de l'agriculture avec ce film sur la pertinence de l'agroécologie comme solution pour nourrir le monde.
-Bitter Seeds (2011) - La pression insupportable de l'industrie semencière et des OGM en Inde, où les paysans se suicident les uns après les autres.
-Apaporis (2010) - Film colombien sur les pas du botaniste Richard Evans Schultes au cœur de l'Amazonie, à la rencontre du peuple qui connaît la forêt.
-Land (2010) - Le néo-colonialisme au Nicaragua à travers l'exemple d'un complexe touristique nord-américain implanté au dépend des locaux.
-Patagonia Rising (2011) - Inquiétudes dans les vallées de Patagonie autour d'un vaste projet hydroélectrique : 5 grands barrages prévus sur les fleuves Baker et Pascua.
-Trashed (2012) - Documentaire sur les déchets de la civilisation, avec le cas démesuré des USA.
-L'or des autres (2011)
L'impact humain et environnemental de l'implantation de la plus grosse mine d'or à ciel ouvert au Canada dans le village de Malartic en Abitibi.
-Le revenu de base (2011) - Excellent film-essai (à voir ici) analysant en détail la pertinence du concept de "revenu de base", revenu dont chaque citoyen bénéficierait de façon inconditionnelle. Pour reprendre les termes de l'entrepreneur Götz Werner : "...se dire : j'ai un revenu pour pouvoir travailler, et non pas "je travaille pour avoir un revenu"."
-Indices (2010) - Ce documentaire français démontre les lacunes et les aberrations de la mesure de la richesse des nations par leur PIB.
-Abendland (2012) - L'Europe, la nuit. Un documentaire concept par le réalisateur de "Notre pain quotidien", filmant de nouveau un aspect notre réalité sans commenter et sans musique. Puissant.
-Ai Weiwei - Never Sorry (2012) - Portrait de l'artiste chinois engagé et insolent Ai Weiwei.
-Salvador Allende (2004) - L'histoire de Allende, président chilien déchu et tué lors du coup d'état de Pinochet en 1973 et devenu depuis une icône de l'espoir démocratique en Amérique du Sud.
-Impunity (2012) - À l'heure où la Colombie va vers l'apaisement, ce film est un cri d'appel à la justice pour les victimes de la violence entre guérilla, armée et paramilitaires, un manifeste pour dire non à l'impunité pour les responsables de tous ces crimes.
-En El Hoyo (2006) - Vies croisées d'ouvriers et de passants sur le chantier d'un pont du périphérique de Mexico. Un portrait du Mexique invisible.
-Fambul Tok (2012) - Le pouvoir du pardon en Sierra Leone, pour réconcilier agresseurs et victimes comme une seule et même famille.

dimanche 1 janvier 2012

Nous sommes tous des enfants blessés

Voici une réflexion personnelle que je souhaite partager à l'occasion de l'entrée dans l'année 2012.

Il y a deux ans, j'ai lu « Quand la conscience s'éveille » de Anthony de Mello. Ce livre simple et puissant m'a beaucoup fait avancer intérieurement.
Si je devais ne garder qu'une seule phrase de cet ouvrage, ce serait celle-ci :
« Il n'y a pas un seul mal en ce monde qui ne puisse être assimilé à la peur. Pas un seul. »

La haine et la violence sont le résultat de la peur. On dit aussi : « la violence, c'est de la faiblesse camouflée en force ». Une personne qui vous agresse est en fait une personne qui a peur.
La question qui m'intéresse, est celle-ci : Quelle attitude avoir devant la violence et la haine ? Quelle attitude est la plus à même de faire évoluer le mal vers le bien ?

Prenons l'exemple du racisme. En France, surtout maintenant en 2012 avec les élections présidentielles, on s'inquiète beaucoup du succès du Front National.
Quelle est l'attitude de la plupart d'entre nous face à la xénophobie véhiculée par ce parti politique ? Nos réactions les plus courantes sont : le rejet, la fermeture au dialogue, la censure, l'insulte, et parfois même la haine. La haine de la haine...
Mais que veut-on au fond ? Voulons-nous que la xénophobie disparaisse ? Voulons-nous que les racistes cessent d'être racistes ? Voulons-nous les convaincre qu'ils ont tort ?
Si nous voulons que les racistes changent en bien, alors les détester ou les rejeter en bloc est bien la dernière chose à faire !
Avez-vous vu déjà quelqu'un évoluer en bien parce qu'on l'a détesté ?
Avez-vous déjà eu envie de rejoindre l'opinion de quelqu'un qui vous déteste et vous rejette ?

Si nous voulons voir disparaître la haine, ne la haïssons pas, mais comprenons-là.
Comprendre la haine ou la violence ne veut pas dire l'accepter, cela veut dire voir son origine et reconnaître la faiblesse profonde chez la personne haineuse ou violente.
Qu'a vécu cette personne pour en arriver là ? C'est cela qui compte profondément. Si on ne s'intéresse pas à la racine, on ne change rien du tout.

Quand j'écoute Marine Le Pen, je m'applique à visualiser le chemin qu'elle a vécu pour en arriver à cette vision naïve et limitée du monde. Au lieu de l'insulter devant ma radio, au lieu de la détester, je me rappelle qu'elle est comme tout le monde un être humain et que son rapport au monde d'aujourd'hui est le résultat de ce qu'elle a vécu avant.
Et c'est notre lot à tous.
Nous sommes tous des enfants blessés.
Avoir manqué de contact physique chaleureux ou manqué d'amour, avoir été abusé, avoir été rabaissé et insulté toute son enfance, avoir grandit dans le stress et l'autorité, avoir perdu un parent, avoir été agressé, ou avoir été éduqué dans la méfiance et la peur de l'autre... Tant de possibles marques profondes chez l'enfant qui définiront ce qu'il sera une fois adulte.

Je reprend l'exemple d'une personne raciste : de quoi cette personne a t-elle profondément peur ?
A t-elle peur de l'inconnu et des étrangers parce qu'on lui a appris à s'en méfier ?
A t-elle peur du changement car elle a été traumatisée par certains changements dans son enfance ?
A t-elle peur d'être envahie et de disparaître parce qu'enfant elle n'avait pas d'espace pour s'épanouir ou n'a pas pu exprimer son identité à cause des autres ?
Si de telles blessures ne sont pas comprises et apaisées, la personne entretient un schéma émotionnel qui la pousse à un comportement de fermeture, et éventuellement à la xénophobie.
Là je parle du racisme, mais l'on peut faire une analyse équivalente sur le mensonge, la manipulation, la malhonnêteté, la domination par la violence physique et psychologique, etc. Tout ceci n'est finalement qu'un système de défense d'un ego qui a peur.

Même le pire des salauds sur cette planète est au fond de lui un enfant blessé, un enfant qui a peur de mourir, peur de ne pas être aimé ou peur de perdre quelque chose.
On peut choisir de le détester et de l'insulter pour le mal qu'il fait, mais ça n'améliorera pas la situation.
Ou on peut reconnaître l'enfant blessé en lui et prendre conscience qu'il pourra changer plus facilement s'il se sent compris et accueilli malgré ses actes (pour lesquels bien sûr justice doit être faite).

Tout est dans notre attitude, dans notre façon d'être.
Faites l'expérience avec les personnes que vous détestez : que ce soit Sarkozy, Jean-Marie Le Pen, Khadafi, Bachar El Assad, un voisin ou bien un membre de votre famille qui vous pose problème... Changez votre rejet par la compréhension de ses peurs d'enfant blessé.
Vous aurez peut-être l'impression que ça ne change rien du tout, mais en fait ça change tout.
Si je choisis de comprendre les peurs de Nicolas Sarkozy, par exemple, ça ne m'empêche pas pour autant de ne pas être d'accord avec lui ! Je deviens simplement conscient des racines de son comportement, et ne dépense plus d'énergie à le détester car je comprends que ça ne sert à rien. Cette prise de conscience amène le calme mental et émotionnel.
À partir de là, on peut avancer de façon constructive.

Quand nous serons des millions à reconnaître l'enfant blessé qui se cache derrière la violence et la haine, la paix mondiale sera à portée de main.


A lire également sur ce sujet :
-Citations d'Anthony de Mello
-La communication consciente, par Marshall Rosenberg

samedi 8 janvier 2011

Le pouvoir des mots

Si je vous dis "non-violence", vous pensez probablement à Gandhi ou Martin Luther King, dont l'action politique et sociale était marquée par une sagesse simple et puissante.
Moins connue, mais toute aussi importante pour la résolution de conflits, la "Communication Non-Violente" (CNV), proposée depuis les années 60 par le psychologue américain Marshall Rosenberg, et exposée dans son livre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), est un outil à la portée de tout le monde, dans tous les contextes possibles de relations humaines.
La CNV, appelée aussi Communication Consciente, ou Empathique, nous désapprend à constamment juger, critiquer, punir ou condamner, et se base sur l'écoute, la sincérité et l'empathie, pour comprendre quel est le besoin profond en soi et chez l'autre. L'expression comprend ainsi 4 étapes (observation - sentiments - besoin - demande) qu'il s'agit d'appliquer de façon souple et adaptée finement selon la situation.
Le livre est riche en témoignages et exemples concrets, dont certains dans des contextes très difficiles, révélant bien le pouvoir infini des mots et de l'écoute. Marshall Rosenberg a notamment de l'expérience comme conseiller ou médiateur en milieux scolaires difficiles, dans des quartiers sensibles, et dans des régions en conflit violents telles qu'en Israël et Palestine.
Je ne vais pas résumer davantage le contenu de ce livre, riche et exhaustif, et je vous incite, si vous en avez envie, à le lire à votre tour, le faire connaître, et faire l'expérience de tout ce que cette qualité de communication peut améliorer dans votre vie.

Je me rappelle d'un jour il y a 2 ou 3 ans où je parcourais un salon sur la bio et les alternatives, où je suis passé devant un stand présentant la CNV. On m'a abordé et demandé si je connaissais ou si j'utilisais déjà moi-même cette méthode. J'ai répondu que je ne la connaissais pas mais que je savais très bien comment communiquer de façon pacifique ! Et je suis parti du stand, sûr d'avoir raison... Aujourd'hui, après diverses expériences, et la lecture de l'ouvrage de Rosenberg, je réalise que la CNV n'est pas du tout ce que je croyais, et surtout, que j'étais loin de savoir ce qu'est communiquer d'une façon réellement consciente et pleine d'écoute.

Alors, une nouvelle année commence, et pour ma part, le seul souhait que j'ai à faire, c'est que se répande dans notre quotidien cette qualité de communication. Sincérité, empathie et écoute. Car je crois que le monde souffre moins de problèmes techniques que de problèmes de communication.
Prenons soin les uns des autres !

Pour finir, quelques liens :
CNV Réseau Rhone-Alpes (qui aura un stand au Salon Primevère, Eurexpo, Lyon, 11-12-13 mars 2011)
CNV Europe
Vidéo : Marshall Rosenberg expliquant la CNV (en anglais, très clair !)