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lundi 11 novembre 2013

Un revenu de base pour l'Europe



Tout citoyen européen est invité a signer et diffuser l'Initiative européenne pour le Revenu de Base Inconditionnel, en suivant le lien suivant : http://basicincome2013.eu/ubi/fr/

Cette allocation (ou revenu de base) universelle et inconditionnelle permettrait à toutes et à tous de subvenir aux besoins de base que nous avons universellement en commun : se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner. Que l'on travaille ou non, nous aurions tous droit à ce revenu de base, dont un des objectifs est de permettre à chaque individu de respirer financièrement pour pouvoir choisir par quel travail il souhaite contribuer au collectif. Actuellement, le système économico-social établi est loin de permettre cet état de justice, pourtant sensé être au cœur des mondialement célèbres principes de "Liberté, Égalité, Fraternité".

Je me permets de recopier ces quelques lignes du site Revenudebase.info sur le potentiel de changement qu'autorise le revenu de base inconditionnel :
"Mettre en place un revenu de base, c’est donner le choix à chaque individu de s’engager dans des activités auxquelles il donne du sens, et qui donc seront des activités productives de sens lorsqu’elles ne sont pas productives économiquement. C’est donc un puissant catalyseur, un formidable investissement dans de nouvelles activités, vectrices de richesse économique et sociale.
C’est aussi un moyen pour que chacun puisse aborder le travail de façon plus sereine, sans peur du chômage.
Il est prouvé en outre, qu’un individu agissant par peur (chômage, précarité, soumission à une autorité …) est amené à des comportements d’évitement (abuser du système, grappiller des avantages, alimenter la concurrence …) et à des somatisations (coût sanitaire du stress au travail), tandis que celui qui choisit, qui participe, est plus investi et donc plus efficace avec un minimum d’énergie et de tensions individuelles ou collectives. Un jeune grandira plus sereinement sans les angoisses de chômage, de régression sociale véhiculées par ses parents, les médias, l’Ecole…
Nous pouvons donc raisonnablement en attendre de larges économies dans le coût de la santé (déjà prouvé lors des expérimentations en Namibie, en Inde…), le coût social (accompagnement de la précarité, réparation et gestion de la délinquance…), le coût éducatif, etc."

Pour les plus sceptiques, voici une page du site consacrée aux objections que suscite le revenu de base.


L'idée d'un revenu de base est étudiée depuis plusieurs années en Europe et dans le reste du monde, par des économistes, des entrepreneurs, des philosophes, des sociologues... D'une idée, le revenu de base est devenu un projet concret porté de plus en plus puissamment par la société civile, notamment en Allemagne et en Suisse où il est de plus en plus proche d'une véritable mise en pratique.

Pour bien appréhender tout cela, rien de tel que cet excellent documentaire d'1h36 qui fait le tour de toutes les questions qu'on est en droit de se poser, notamment sur son financement et ses conséquences sociales et économiques:



Je termine en rappelant l'importance de SIGNER L'INTIATIVE EUROPÉENNE, (via laquelle la Commission européenne sera tenue d’étudier en profondeur cette initiative au sein du Parlement européen, en auditionnant le Comité de Citoyens Organisateurs).
Nous avons jusqu'au 14 janvier 2014 pour récolter près d'un million de signatures au niveau européen. Faire passer le mot est donc essentiel au succès de ce projet et à l'élévation du débat national et international sur l'avenir du travail et de l'économie.

Et je ne peux que trop recommander la visite détaillée du site http://revenudebase.info/ où tout est expliqué en long et en large, et où l'actualité du revenu de base en France et ailleurs est suivie de près.

Merci de faire passer l'info autour de vous !

vendredi 12 octobre 2012

Des documentaires pour savoir et comprendre - 08

L'article leitmotiv sur ce blog, c'est ma sélection de documentaires dénichés sur le web. Cette fois-ci, un peu d'environnemental (la forêts amazonienne, les montagnes de déchets, les grands barrages...), un peu de politique (Chine, Colombie et Chili), beaucoup de social (Sierra Leone, Inde, Canada, Mexique, Nicaragua...) et une recherche de sens dans le système économique (remise en question de la pensée "PIB" et réflexion concrète sur le concept de "revenu de base").
Ci-dessous, descriptifs et liens vers site officiels, bande-annonces voire même film complet dans certains cas.
Cliquez ici pour revoir toutes les sélections documentaires d'un coup.

-Facing Animals (2012) - Exploration de la relation parfois si étrange entre l'humain et l'animal, et de la question : pourquoi prenons-nous soin et humanisons certains animaux tandis que nous en ignorons tant d'autres dans les élevages destinés à la consommation ?
-Les Moissons du Futur (2012) - Après son célèbre "Le monde selon Monsanto", la journaliste Marie-Monique Robin revient sur le terrain de l'agriculture avec ce film sur la pertinence de l'agroécologie comme solution pour nourrir le monde.
-Bitter Seeds (2011) - La pression insupportable de l'industrie semencière et des OGM en Inde, où les paysans se suicident les uns après les autres.
-Apaporis (2010) - Film colombien sur les pas du botaniste Richard Evans Schultes au cœur de l'Amazonie, à la rencontre du peuple qui connaît la forêt.
-Land (2010) - Le néo-colonialisme au Nicaragua à travers l'exemple d'un complexe touristique nord-américain implanté au dépend des locaux.
-Patagonia Rising (2011) - Inquiétudes dans les vallées de Patagonie autour d'un vaste projet hydroélectrique : 5 grands barrages prévus sur les fleuves Baker et Pascua.
-Trashed (2012) - Documentaire sur les déchets de la civilisation, avec le cas démesuré des USA.
-L'or des autres (2011)
L'impact humain et environnemental de l'implantation de la plus grosse mine d'or à ciel ouvert au Canada dans le village de Malartic en Abitibi.
-Le revenu de base (2011) - Excellent film-essai (à voir ici) analysant en détail la pertinence du concept de "revenu de base", revenu dont chaque citoyen bénéficierait de façon inconditionnelle. Pour reprendre les termes de l'entrepreneur Götz Werner : "...se dire : j'ai un revenu pour pouvoir travailler, et non pas "je travaille pour avoir un revenu"."
-Indices (2010) - Ce documentaire français démontre les lacunes et les aberrations de la mesure de la richesse des nations par leur PIB.
-Abendland (2012) - L'Europe, la nuit. Un documentaire concept par le réalisateur de "Notre pain quotidien", filmant de nouveau un aspect notre réalité sans commenter et sans musique. Puissant.
-Ai Weiwei - Never Sorry (2012) - Portrait de l'artiste chinois engagé et insolent Ai Weiwei.
-Salvador Allende (2004) - L'histoire de Allende, président chilien déchu et tué lors du coup d'état de Pinochet en 1973 et devenu depuis une icône de l'espoir démocratique en Amérique du Sud.
-Impunity (2012) - À l'heure où la Colombie va vers l'apaisement, ce film est un cri d'appel à la justice pour les victimes de la violence entre guérilla, armée et paramilitaires, un manifeste pour dire non à l'impunité pour les responsables de tous ces crimes.
-En El Hoyo (2006) - Vies croisées d'ouvriers et de passants sur le chantier d'un pont du périphérique de Mexico. Un portrait du Mexique invisible.
-Fambul Tok (2012) - Le pouvoir du pardon en Sierra Leone, pour réconcilier agresseurs et victimes comme une seule et même famille.

mardi 31 juillet 2012

Le Mexique en marche pour la justice

Ci-contre, voici un poster géant que j'ai réalisé pour montrer l’échelle impressionnante des manifestations qui ont lieu en ce moment au Mexique.
Vous pouvez VOIR CE POSTER EN HAUTE DÉFINITION et aussi le voir en espagnol et en anglais.


Voici ce que je peux expliquer sur la situation au Mexique :

Le 1e juillet 2012 ont eu lieu les élections présidentielles du Mexique. Alors que le décompte des résultats n'était même pas terminé, le gagnant Enrique Peña Nieto, mis excessivement en avant par les grands médias nationaux depuis des mois, recevait déjà par téléphone les félicitations empressées des présidents du monde, notamment Obama et Hollande.

Le problème, c'est que ce monsieur Peña Nieto (surnommé le "Justin Bieber de la politique" pour son air de jeune playboy destiné à charmer le public) a été élu grâce à une vaste fraude perpétrée par son parti le P.R.I. (Parti Révolutionnaire Institutionnel), parti qui cherche a récupérer les rênes du pays après les avoir perdus pour les 2 derniers mandats présidentiels. Il faut savoir que le PRI a gouverné le pays jusqu'en 2000 sans interruption pendant 70 ans ! Il a visiblement utilisé tous les moyens pour imposer son retour cette année.
Bref, le monde vient de féliciter fort officiellement un homme élu à l'aide d'une fraude de grande ampleur (dépassement délirant de son budget de campagne, achats de votes, destructions de preuves de votes, trucage du décompte final...), sans parler de l'appui médiatique totalement déséquilibré dont à bénéficié Peña Nieto par rapport à ses concurrents tout au long de la campagne présidentielle.
Cette fraude est actuellement en train d'être mise à jour en détail par la société civile mexicaine, avec une active collecte de preuves pour une démarche devant la Justice. Cette mobilisation pour la vérité et la justice est portée notamment par le tout récent mouvement étudiant YoSoy132 (qui rappelle un peu les Indignés) et Morena, mouvement de régénération citoyen initié par Andrés Manuel López Obrador, le candidat de la gauche (PRD), qui selon certains sondages était favori du peuple, et qui a particulièrement enduré les mauvais traitements médiatiques dont sont capables les chaînes Televisa et TV Azteca.
Les actions militantes de la société civile sont régulières. Depuis le 1e juillet ont déjà eux lieu 3 "méga marches" nationales (mon poster ci-contre montre la 3ème), et la semaine dernière, des milliers de manifestants ont réalisés d'impressionnants blocages pacifiques de plusieurs immeubles de Televisa, la chaîne principale qu'ils accusent de lavage de cerveau au service de la fraude et de la corruption intensive dans le pays

Aujourd'hui, rien n'aiderait davantage le Mexique qu'un intérêt international pour ce cas de déni démocratique dans la fraude électoral du 1er juillet. Tentant de contrer l'abrutissement et la manipulation médiatique des grands médias de leur pays, les mexicains en résistance s'organisent et s'informent activement via internet, les réseaux sociaux (surtout Twitter et Facebook, comme pour le printemps arabe en 2011). Ils tentent d'attirer l'attention sur la situation de leur pays et appellent régulièrement à l'aide le reste du monde.

Pour ma part, ce poster que j'ai réalisé est ma façon de contribuer à la diffusion de leur juste cause et à la mise en valeur de leur action de citoyens conscients et éveillés.
Je leur tire mon chapeau, car porter le drapeau de la vérité au Mexique n'est pas chose facile ! Mais le changement est peut-être en marche en ce moment...

Merci de votre attention. Et merci plus encore si vous choisissez de diffuser l'info !

lundi 24 octobre 2011

Comprendre l'argent, les banques, la finance, la dette

Nous sommes actuellement en pleine crise financière mondiale, et nombre d'entre nous ne savent pas comment fonctionne le système de la création monétaire, du crédit, des banques, qui pourtant conditionne lourdement le quotidien de la population.
Voici quelques documentaires très didactiques qui vous donneront les clés de compréhension de tout ce "bordel". Il est urgent qu'une masse critique de la population devienne consciente de ce qu'il se passe dans son dos. Nous sommes déjà en train de payer les abus de la finance et du capitalisme débridé, et cela continuera tant que nous l'accepterons.
Les Indignés d'OccupyWallStreet et partout à travers le monde ont choisi de se faire entendre publiquement pour dénoncer la folie du capitalisme. A propos, je vous donne le lien du blog du mouvement à Grenoble - OccupyGrenoble - où vous trouverez d'autres liens sur les raisons de s'indigner.
Voici les films, tous en français :
MONEY - Pourquoi le monde ne cesse de s'endetter

L'ARGENT DETTE (2 parties) - comprendre les origines de l'argent et pourquoi la dette ne peut qu'augmenter.

L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral) par bankster2008

L'Argent Dette 2 : Promesses Chimériques 2010 FR... par bankster2008

DEBTOCRACY, comprendre la dette immorale de la Grèce (sous-titres FR à afficher)

Debtocracy International Version par BitsnBytes

lundi 17 octobre 2011

Occupy Wall Street et la révolution mondiale des indignés

Ce samedi 15 octobre a eu lieu dans le monde entier un mouvement citoyen sans précédent. Des centaines de milliers de gens - peut-être quelques millions - dans le monde étaient dans la rue pour exprimer l'indignation des peuples face à la folie du système politico-économico-financier.
Au printemps, los Indignados d'Espagne étaient déjà des dizaines de milliers dans leurs villes à exprimer leur ras-le-bol de la corruption et de l'injustice du système. Puis la Grèce, prise à la gorge par sa crise de la dette et les premières mesures d'austérité, a vu des rassemblements gigantesques dans Athènes. Du jamais vu. On a assisté à des rassemblements d'indignés un peu partout en Europe. En France, le mouvement bien que limité en nombre, a réussi à se faire connaître, créer un début de débat et un réel mouvement de réflexion citoyenne dans des dizaines de villes. Pendant l'été à travers le monde, les manifestations sont devenues tout simplement innombrables : au Chili pour une éducation accessible à tous, au Japon pour la fin du nucléaire, en Chine pour la liberté d'expression, au Mexique pour la fin du cercle vicieux de la violence, etc...
Nous voilà en Automne, et à un nouveau palier de puissance de la protestation, car Wall Street, le symbole suprême du grand capitalisme est désormais la cible d'une action populaire grandissante à New York, qui a commencé le 17 septembre et n'a pas l'air prête de s'arrêter ! Comme en Espagne au début de l'année, des milliers de gens sont rassemblés chaque jour sur une place et dans les rues, et des centaines d'entre eux campent carrément, à deux pas de Wall Street. Ce mouvement nommé Occupy Wall Street a déjà reçu de nombreux soutiens de célébrités (Michael Moore, Naomi Klein, Noam Chomsky, Salman Rushdie, Joseph Stiglitz, Al Gore, Julian Assange de Wikileaks, le philosophe Slavoj Žižek et les acteurs Tim Robbins et Susan Sarandon).
Je vous conseille le visionnage de 3 VIDEOS qui donnent une bonne idée de l'ampleur et de la beauté de ce qu'il se passe là-bas à Manhattan :
Right Here All Over
Consensus (Direct Democracy)
We The People Have Found Our Voice
De nombreuses autres villes des Etats-Unis sont elles aussi occupées. Le mot "Occupy" est devenu en un mois le mot-clé partout aux USA et dans le monde : Occupy London, Occupy Sydney, Occupy France...
A New York, les manifestants/campeurs ont créé un journal du mouvement : "The Occupied Wall Street Journal"

Maintenant que la mobilisation est clairement mondiale et touche même l'empire américain en son sein, il est frappant de constater le silence des médias. Les médias, surtout les plus gros, ne font pas leur travail d'information. De la grande journée du 15 octobre, soit ils n'ont rien dit, soit ils insistaient sur le fait qu'à Rome il y a eu des violences.
Sur le comportement des médias face à l'événement du 15 octobre, voici le lien vers un excellent petit article écrit sur ActuaLutte par un indigné grenoblois : Comment les médias ont minimisé une mobilisation jamais vue dans toute l’histoire de l’humanité.

Je suis personnellement indigné et très inquiet de ce pouvoir qu'ont les médias d'informer ou non la population. Ils ne sont pas disposés à nous fournir des informations qui puissent nous amener à remettre en question le système en l'état ou développer une conscience de liberté citoyenne. S'ils veulent nous gaver le cerveau non-stop pendant 2 mois avec l'affaire DSK, avec les primaires socialistes ou avec l'actualité sportive, ils le peuvent, et le font jusqu'à l'absurdité la plus totale, libres d'abuser de leur pouvoir d’Audimat. Il suffit d'écouter France Inter au fil d'une semaine pour s'en apercevoir. A ce stade là, ce n'est plus de l'information, c'est de la désinformation, car c'est occulter des pans entiers de l'actualité du monde, et c'est aussi grossir considérablement l'importance de sujets qui n'en ont pas vraiment. L'affaire DSK est un exemple frappant de l'acharnement des médias sur un sujet qui cache tous les autres.
Le silence, l'info choc ou le gavage, voilà comment les grands médias fonctionnent.
Les grands compagnies de média (presse, radio, TV) appartiennent aux mêmes personnes qui veulent garder le pouvoir politique et économique. Ces gens n'ont aucun intérêt à ce que le peuple prenne conscience et se soulève, donc moins ils informent le peuple, ou plus mal ils l'informent, plus ils s'assurent de sa docilité.

Ainsi va le monde, mais plus pour longtemps.
Cette révolution des peuples qui est en marche en silence et dans la non-violence va continuer à grandir et inonder Internet et le bouche à oreille, tous ces territoires de l'information où les grands médias n'ont pas prise.
Il est remarquable que nous soyons à l'ère de Wikileaks. L'information ignorée, cachée ou désinformée, c'est aujourd'hui le nerf de la guerre, plus encore que l'argent. Ceux qui détiennent l'information ont le pouvoir de former l'opinion de la population, le pouvoir de nous faire pencher dans un sens ou dans l'autre, de nous faire accepter l'utilité d'une guerre (Irak, Afghanistan, Libye, bientôt Iran ?...) ou nous saturer le cerveau avec un flot ininterrompu de scoops et de speechs répétés en boucle.
Finissons-en avec ces bêtises. Réveillons tous notre pouvoir individuel, notre courage d'individus libres et prenons notre destin en main ! Le système est obsolète, il a besoin de nous pour changer. Les 1% qui ont le pouvoir ne sont pas ceux qui changeront le système. C'est à nous les 99% que revient ce rôle d'évolution du monde. C'est pour cela que les indignés sont dans la rue, c'est pour cela qu'un campement s'est installé dans New York. C'est l'heure de changer le système, et nous sommes tous invités à participer.

Vous qui me lisez, parlez-en autour de vous, diffusez dans vos e-mails, sur Facebook, sur Twitter... Ne laissons pas les médias nous ramollir le cerveau ! Inondons le web de ce souffle populaire dont le monde a tant besoin !
SOYONS LES DIFFUSEURS DE L'INFORMATION !



samedi 17 septembre 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 05

Une nouvelle collection de 16 documentaires à découvrir. Cliquez ici pour afficher les sélections précédentes.
Parmi les thèmes forts de ces films : la transition et la résilience, 2 mots-clés du temps présent, avec toutes ces crises qui nous tombent sur la gueule à échelle locale ou globale. S'il ne fallait garder qu'un seul de ces films, je choisirais The Economics of Happiness, synthèse très pertinente des solutions d'avenir au niveau mondial.
Allez c'est parti !

-Cultures en transition (2011) - La transition énergétique et économique est possible. La preuve avec des exemples concrets de permaculture à travers le monde.
-The Age of Stupid (2009) - Docu-fiction concept où un homme vivant dans le monde dévasté de 2055 se demande pourquoi nous n'avons pas agi à temps.
-Who Killed The Electric Car ? (2006) - Qui n'avait pas intérêt à ce que la voiture électrique aie du succès ? Enquête dans les rouages de l'industrie auto.
-Taking Root - The Vision of Wangari Maathai (2008) - L'histoire de la célèbre prix Nobel de la paix qui plante des arbres et consacre sa vie à défendre l'environnement, les droits humains et la démocratie.
-Yasuni - Two Seconds of Life (2010) - L'histoire du projet pionnier "Parc Yasuni" en Equateur : une forêt exceptionnellement riche à protéger contre les intérêts pétroliers internationaux.
-Children of the Amazon (2008) - Denise Zmekhol a photographié des enfants autochtones au cœur de l'Amazonie. Elle retourne là-bas 15 ans plus tard et retrouve les enfants devenus grands dans le monde d'aujourd'hui.
-Sun Come Up (2011) - Les îles Carteret sont en train de disparaître à cause du changement climatique, et leurs habitants obligés de déménager, devenant réfugiés climatiques.
-Tous les jours la nuit (2010) - La vie des travailleurs des ténèbres dans les mines de Bolivie. Documentaire du photographe Jean-Claude Wicky.
-Rehje (2009) - Après 40 ans passés à Mexico City, Antonia retourne dans son village d'origine et le découvre bien changé, à commencer par la crise de l'eau...
-Le business de l'or au Guatemala (2009) - Résistance des communautés indigènes et notamment des femmes au Guatemala face aux transnationales d'extraction de l'or.
-Santiago tiene una pena (2008) - Santiago du Chili à travers le quotidien des musiciens de la rue.
-Debtocracy (2011) - Pour comprendre la crise de la dette en Grèce. Documentaire distribué en open source et donc visible gratuitement en ligne.
-The Economics of Happiness (2010) - L'avenir du monde est dans une organisation locale et responsable de l'économie.
-Interno (2010) - A la prison de Atlacholoaya (Mexique) les addictions des détenus sont traitées de façon alternative, à travers la pratique du yoga.
-Matter of Heart (1986) - La vie et l’œuvre visionnaire de Carl Gustav Jung, l'un des plus grands explorateurs des tréfonds de l'inconscient.
-Something Unknown Is Doing We Don't Know What (2009) - Enquête sur l'état actuel de nos connaissances scientifiques sur les phénomènes psy paranormaux, ou "parapsychologie".

samedi 16 juillet 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 04

Voici une nouvelle sélection de documentaires qui me semblent mériter de l'attention. Toujours quelques sujets sombres, mais cette fois-ci, une majorité de positifs, sur l'éducation, la souveraineté alimentaire et la résilience. Certains comme The Big Fix et Vivre sans argent sont tout frais de cette année, et devraient pouvoir se voir au cinéma.
Cliquez ici pour afficher toutes mes sélections de documentaires à la fois.

-The Power of Community – How Cuba Survived Peak Oil (2006) - Comment l'île de Cuba s'est organisée pour vivre sans pétrole.
-Vivre sans argent (2011) - Depuis 15 ans, Heidemarie Schwermer vit sans argent, et ça se passe très bien !
-Semences d’autonomie (2009) - L'agroécologie pour la souveraineté alimentaire à Tacharane (Mali) grâce aux enseignements de Pierre Rabhi et son association Terre et Humanisme.
-The Garden (2008) - Bataille citoyenne pour sauver un jardin communautaire au cœur de Los Angeles.
-Satoyama - Japan's Secret Watergarden (2004) - L'art japonais du Satoyama : paysage habité et cultivé en harmonie avec les éléments naturels.
-Scared Sacred (2004) - L'incroyable capacité de résilience dans les lieux les plus meurtris.
-Plus jamais peur (2011) - Rencontre du peuple Tunisien à l'heure de la révolution.
-Crude (2009) - Résistance en Equateur contre le géant pétrolier et super pollueur Texaco.
-The Yes Men Fix The World (2009) - Documentaire sur les Yes Men, 2 activistes secouant le monde du gros business par des actions surprises étalant la vérité là où règne le mensonge et le silence.
-The Agronomist (2003) - La vie de Jean-Dominique, célèbre journaliste haïtien engagé jusqu’à la mort pour la justice, la démocratie et la liberté d'expression.
-Cocalero (2007) - Le parcours paysan et militant d'Evo Morales, président de la Bolivie.
-L'école de la liberté (2003) - L'expérience d'un mode d'éducation en harmonie avec la vie rurale de l'Andhra Pradesh en Inde.
-A Force More Powerful (1999) - Panorama historique de la stratégie de la non-violence à travers le monde.
-The Big Fix (2011) - Enquête sur les réels causes et conséquences de la marée noire de la plate forme BP dans le Golfe du Mexique en 2010.
-Whaledreamers (2006) - Rencontre d'une tribu aborigène liée spirituellement aux baleines.
-I Know What I Saw (2007) - Enquête sérieuse et récente sur la réalité des observations d'OVNI.

dimanche 26 juin 2011

Midnight Oil, rock punk australien engagé

Il y a des groupes qu'on aimerait ne jamais voir arrêter leur parcours... Midnight Oil, groupe rock punk australien né en 1978, a connu un grand succès en 1987 avec l'album Diesel and Dust d'où est tiré leur chanson la plus célèbre : Beds Are Burning. Bien sûr, il ne faut surtout pas s'arrêter à ce titre phare (aussi excellent soit-il), et aller explorer leurs 12 albums venus tout droit de l'Outback. Midnight Oil, c'est du son brut et des textes militants, contre la prolifération des armes, le nucléaire, les dégâts causés à l'environnement, mais c'est aussi et surtout des chansons puissantes défendant la cause des Aborigènes australiens.
Le groupe a pris fin en 2002 lorsque son chanteur leader emblématique Peter Garrett s'est lancé dans la politique en Australie. Il a été nommé ministre de l'environnement en 2007, mission qui l'a amené à plusieurs reprises à faire de lourds compromis (pour un activiste aussi acharné !) sur la forêt en Tasmanie et l'exploitation d'uranium notamment. Il est depuis fin 2010 ministre de l'éducation.
Concernant Midnight Oil, voici quelques titres que je conseille particulièrement :
Kosciuszko, The Dead Heart, Put Down That Weapon, Bullroarer, Sell My Soul, One Country, Blue Sky Mining, Truganini, White Skin Black Heart, Luritja Way

jeudi 23 juin 2011

Affiches nucléaires

Voici 2 affiches que je viens de réaliser afin de faire réfléchir les français sur le nucléaire.
Vous pouvez les faire circuler en ligne, les afficher où vous voulez.
Il est temps, vraiment temps, de mettre fin à la politique nucléaire de la France.
Et pour cela, le peuple doit être informé, et faire clairement entendre son avis.

Alex, un expatrié français à Tokyo depuis 10 ans, pousse un coup de gueule magistral, en tant que témoin au Japon de l'évolution du drame de Fukushima :
A VOIR ICI.

Je conseille la visite du site Cartoradiations, où vous aurez des infos sur Fukushima et les autres accidents nucléaires en cours (Fort Calhoun aux USA, etc). Beaucoup d'infos qui dans les médias sont passées sous silence.
Et bien sûr, le réseau Sortir du Nucléaire, référence en France, à la fois lanceur d'alerte et défenseur de solutions.

Nous sommes des millions à risquer de subir un accident radioactif en France.
Nous pouvons être des millions dans la rue pour demander le changement.

lundi 30 mai 2011

Mes affiches pour le mouvement "Démocratie Réelle Maintenant!"

L'Union fait la Force


A Grenoble, place Victor Hugo, chaque soir à 20h depuis le 20 mai, a lieu une assemblée citoyenne "révolutionnaire" (blog), dans la continuité du mouvement de fond Democracia Real Ya!, commencé en Espagne, en train de se répandre en France et ailleurs. (lien)
Voici une réflexion personnelle qui m'est venue aujourd'hui, après presque une semaine d'implication dans le mouvement :

Pourquoi suis-je là dehors dans la rue ?
Pourquoi ai-je envie de suivre le mouvement lancé par la « Révolution Espagnole » ?
J'ai fondamentalement envie d'un vrai grand pas évolutif dans la société. Je veux vivre dans un monde où les gens s'écoutent, prennent soin les uns des autres, et sachent se réunir pour le bien commun. Voilà mon rêve. Voir les images de ces places publiques dans le monde arabe et en Espagne, remplies de milliers de personnes unies par un rêve de changement de conscience, voir cela donne envie d'essayer chez soi.
Chez moi, c'est la France. Je ne sais pas de quoi la France est capable en terme de soulèvement citoyen, mais j'avoue avoir assez peu d'espoir. Et pourtant, j'ai envie d'essayer. Au cas où, on ne sait jamais.
Cela fait une semaine qu'à Grenoble un groupe motivé se réunit. On stagne entre 100 et 200 personnes. Et parfois nous sommes à peine 50. Bref, pas très impressionnant. Mais il y a eu de belles rencontres, de très belles expressions d'optimisme et de vie, et il est clair que cette expérience est déjà admirable et marquante. Je n'ai jamais fais ce que nous faisons là, et nous sommes nombreux dans ce cas. Prendre la rue, se réapproprier l'espace public, dialoguer avec le peuple, dans le peuple, pratiquer la démocratie dans une assemblée improvisée sur une place publique, c'est pas habituel. Surtout dans une société si individuelle.
Dans le monde actuel, ce qui m'inquiète le plus, c'est l'individualisme. Le concept de « bien commun » est étranger à l'homme individualiste. Nous qui nous réunissons, nous avons semble t-il un bien commun : le rêve. Nous rêvons, et nous tenons à nos rêves. Nous aimerions donner envie à tout le monde de rêver tout autant, et vivre le plaisir d'exprimer ses rêves.

Sur cette place et sur les autres, en France, en Espagne et ailleurs, on parle de changer le système, on critique banquiers et politiciens... Je commence à comprendre quelque chose : il faut aussi que le peuple évolue lui-même, apprenne à s'exprimer, à s'interconnecter, et à explorer tout ce qui n'est pas du ressort du système. Nous pouvons (et nous devons) demander un changement de système, mais nous devons aussi prendre conscience de notre rôle en tant qu'individu.
Le monde est ce que les gens en font. Nous sommes les gens. Nous devons changer, tout autant que le système.
C'est pour cela que ce que j’attends avant tout de ce mouvement « spontané », c'est la connexion entre nous tous, la démonstration éclatante de notre unité en tant que peuple.
Je n'attends pas de ce mouvement un programme politique, des idées de lois ou de réformes. Je ne doute pas de notre capacité à trouver des solutions politiques. Non, ce qui pour moi sera un événement exceptionnel, c'est quand nous serons non plus quelques dizaines sur les places françaises, mais des milliers, capables de se rencontrer, se relier, s'écouter et être simplement LÀ, solidaires.
Le système, ce n'est pas simplement les politiciens et les banquiers. Le système, c'est aussi cet engrenage interminable du métro boulot dodo, dont beaucoup sont l'esclave tout en l'acceptant. Incessant mécanisme qui garde la plupart d'entre nous indisponibles pour un soulèvement, aussi nécessaire puisse t-il être.
Si nous ne sommes pas des machines, prouvons-le : réunissons nous tous sur la place, entre êtres humains libres et pensants, souverains de leur avenir.
Faire réellement la démonstration de notre liberté et de notre capacité à ne faire qu'UN, cela sera réellement extraordinaire et constituera un message immense envoyé aux décideurs. Surtout à ceux qui aiment à nous opposer.
Il y a une différence entre un humain et un mouton, mais nous devons le montrer !

mardi 24 mai 2011

Une révolution globale qui commence...

Une puissante révolte citoyenne pacifiste a lieu depuis le 15 mai en Espagne, s'exprimant partout dans le pays. Sur la place de la Puerta Del Sol, à Madrid, c'est un véritable village alternatif qui s'est installé (voir la place en webcam), fournissant tout le nécessaire vital aux manifestants, dont beaucoup sont sans emploi ou sans abri.
Ce mouvement populaire exceptionnel en Espagne se nomme Democracia Real (Vraie Démocratie - site web). C'est un véritable écho du printemps arabe et de la désormais célèbre Place Tahrir au Caire, village citoyen du soulèvement égyptien. Ces dizaines de milliers de manifestants, dit "Los Indignados", appellent à un changement profond de société pour en finir avec la crise du logement, la crise économique, les spéculateurs financiers, la politique inefficace et non démocratique. Comme dans les pays arabes, ces manifestations sont massivement portées par la jeunesse, qui n'en peut plus des dégâts causés par la finance sans limite, la corruption, le copinage politique et économique. Le peuple ne veut plus payer pour les erreurs et les abus des puissants. C’en est fini !
Le peuple veut rêver et réaliser une vraie démocratie, changer cet horizon sombre en un avenir meilleur, plus juste et plus humain.

Et maintenant, en France, des manifestations de soutien au soulèvement espagnol s'organisent un peu partout. Certes, pour le moment, rien de comparable à ce qui se passe en Espagne. Mais déjà quelques premiers rassemblements et des distributions de tracts dans les villes, et bien sûr, beaucoup de discussions et d'émulation sur internet. Qui sait jusqu'où nous pouvons aller...?

Pour suivre l'actualité des mouvements de la société civile en France :
Indymedia Paris-Ile-de-France
Indymedia Grenoble
(d'autres Indymedia existent pour d'autres villes)
Et enfin, pour suivre l'étendue de la révolution globale :
UNE CARTE DES MOBILISATIONS DANS LE MONDE

Dans un pays comme la Chine, ça bouge aussi (article du 23 mai), mais les autorités chinoises s'arrangent pour que ça ne se sache pas, et nos médias n'en parlent quasiment pas. Les médias nous parlent en revanche des révoltes en Syrie, mais le pouvoir syrien s'obstine à répondre par la violence et la manipulation à ces mouvements pacifiques.

Alors, à ceux qui se soulèvent dans les pays les plus répressifs, envoyons du courage ! Et parlons-en autour de nous !

samedi 14 mai 2011

Peintures de Beatriz Aurora

Vous avez peut-être déjà vu ces peintures de style "naïf", représentant les communautés du Chiapas (Mexique) avec ces fameux visages de zapatistes cachés par des foulards ou des cagoules. L'auteur de ces peintures est Beatriz Aurora, artiste chilienne naturalisée mexicaine.
Ses œuvres respirent l'humanisme, la culture communautaire et l'harmonie écologique. Ce "monde meilleur" qu'elle peint, c'est la vision des communautés zapatistes, expérimentant dans la réalité une autre société, une autre éducation à la vie et à la nature, un autre sens de l'existence.
Le style pictural naïf a pour effet de tout mettre à la même échelle : les humains, les animaux, les plantes, le cosmos... Dans ses peintures, on cueille des étoiles, on joue avec un jaguar, on a le Soleil et la voûte céleste en même temps au dessus de nous, on embrasse la planète dans sa plus totale diversité...
Le monde est magie, quand l'on parvient à s'harmoniser avec son abondance.

Pour en voir davantage, voici le site officiel de Beatriz Aurora.

Au passage, j'en profite pour donner aussi le lien vers les peintures d'un autre artiste "naïf" : le français Combaz, illustrateur de Sat'Info, journal des magasins bio Satoriz. Je pense qu'il a été quelque peu influencé par Mme Aurora...

dimanche 8 mai 2011

"Love is the solution"

J'ai découvert tout récemment les actions subversives de la bande de Charlie Veitch (photo), The Love Police. Leur idée est d'aller parler à la population dans les rues de Londres ou de New York avec un haut-parleur, et mettre directement le pied dans le plat de la société de consommation et de l'état policier et déshumanisé, en parlant avec le coeur. Une approche pacifique, humoristique et efficace pour éveiller petit à petit les consciences.
Je vous laisse découvrir leur action à travers 2 séquences assez géniales :
-Vivre autre chose
-Tout va pour le mieux dans le métro de New-York

Et pour mieux comprendre l'approche de Charlie Veitch, voici son appel au réveil du peuple pour le 11 septembre 2011 - "la fin de la terreur".

mercredi 20 avril 2011

MEXIQUE - Appel à la paix et la justice, de Javier Sicilia

Pour la première fois sur ce blog, je retranscris un texte en entier. Parce qu'il me touche beaucoup et qu'il doit être élevé le plus haut possible, afin que les choses changent au Mexique.
Cet appel du poète et écrivain Javier Sicilia est paru début avril dans le journal mexicain Proceso.
(source intermédiaire : Courrier International)


Le brutal assassinat de mon fils Juan Francisco et ceux de Julio César Romero Jaime, de Luis Antonio Romero Jaime et de Gabriel Anejo Escalera [retrouvés morts, les mains attachés et avec des signes de torture le 28 mars] viennent s’ajouter à la longue liste de ces jeunes gens et jeunes filles sacrifiés aux quatre coins de notre pays. C'est non seulement la guerre déclenchée par le gouvernement Calderón [en décembre 2006] contre la criminalité organisée qui les a tués, mais aussi le cœur pourri d'une classe politique mal nommée et qui a perdu tout sens de l’honneur.

Nous en avons par-dessus la tête de vous, les politiques — et quand je dis politiques, je ne pense à aucun responsable en particulier, mais à une bonne partie d’entre vous, y compris ceux qui composent les partis. Car dans vos luttes pour le pouvoir, vous avez déchiré le tissu de la nation. Au milieu de cette guerre mal engagée, mal faite, mal dirigée, cette guerre qui a mis le pays en état d’urgence, vous avez été incapables de créer les consensus dont le pays a besoin pour atteindre à l’unité sans laquelle il n’y aura pas d’issue possible : vos mesquineries, vos bagarres et vos rivalités dérisoires sont passées avant tout. Nous en avons ras le bol parce que la corruption des institutions judiciaires donne lieu à des complicités avec les criminels et favorise l’impunité. Nous en avons plus qu’assez parce qu’avec cette corruption qui signe l’échec des autorités, chaque citoyen de notre pays est réduit à ce que le philosophe Giorgio Agamben appelle, utilisant un mot grec, zoe : la vie non protégée, la vie d’un animal, d’un être qu’on peut séquestrer, violenter, assassiner impunément.

Nous en avons jusque-là parce que, dans ce pays, il ne reste plus d’imagination que pour la violence, pour les armes, pour l’insulte, ce qui va de pair avec un profond mépris pour l’éducation, la culture, le travail honnête et ce qui fait les bonnes nations. Nous en avons jusque-là parce qu’à cause de cette absence d’imagination nos jeunes, nos enfants sont assassinés, puis faussement accusés d’être partie prenante de la criminalité. Nous en avons plus qu’assez parce qu’une autre frange de nos jeunes, faute d’une politique digne de ce nom, ne peut pas recevoir une véritable éducation, trouver un travail décent, et que, relégués vers la marge, ils deviennent des recrues de choix pour la criminalité organisée et la violence. Nous en avons jusque-là parce qu’à cause de tout cela les citoyens ont perdu confiance en ceux qui les gouvernent, en leur police et leur armée, parce qu’ils ont peur et qu’ils souffrent. Nous en avons jusque-là parce que tout ce qui importe à la classe politique, au-delà même d’un pouvoir impuissant, réduit à la gestion du malheur, c’est l’argent, aiguillon de leur concurrence, de leur putain de “compétitivité” et de la consommation à outrance, qui ne sont jamais que d’autres noms de la violence.

Nous en avons jusque là de vous, les criminels, de votre violence, de votre déshonneur, de votre cruauté, de votre déraison. Il fut un temps où vous aviez le sens de l’honneur. Vous n’étiez pas si cruels dans vos règlements de compte, vous ne vous en preniez ni aux citoyens ni à leurs familles. Mais, désormais, vous ne faites plus la différence entre les criminels et les citoyens. Votre violence ne peut plus être nommée, parce que même la douleur et la souffrance qu’elle entraîne n’ont plus de nom ni de sens. Vous avez perdu jusqu’à la dignité dans le meurtre. Vous êtes devenus des lâches, vous ne valez pas mieux que les Sonderkommandos nazis qui assassinaient en toute inhumanité des jeunes gens, des jeunes filles, des femmes, des hommes et des vieillards, c’est-à-dire des innocents. Nous en avons jusque-là parce que votre violence est devenue inhumaine, même pas animale — des animaux ne feraient jamais ce que vous faites —, mais imbécile, démoniaque. Nous en avons jusque-là parce que la soif de pouvoir et d’enrichissement vous amène à humilier nos enfants, à les broyer. Vous ne laissez dans votre sillage que la peur et l’épouvante.

Vous, “messieurs” les politiques, et vous, “messieurs” les criminels — j’emploie des guillemets parce que cette appellation ne s’applique qu’à des gens honorables —, avec vos omissions, vos querelles, vos actes, vous avilissez la nation. La mort de mon fils Juan Francisco a suscité un élan de solidarité et un cri d’indignation de la part des citoyens et des médias, ce dont ma famille et moi-même sommes profondément reconnaissants. Une telle indignation fait de nouveau retentir à nos oreilles cette formule si juste que Martí adressait aux gouvernants : “Si vous ne pouvez pas, démissionnez”. Après tous les milliers de cadavres, anonymes pour beaucoup d’entre eux, que nous laissons derrière nous, tant d’innocents assassinés et avilis, il faut maintenant de grandes mobilisations citoyennes qui obligent les politiques à travailler ensemble sur un ordre du jour qui rassemble la nation et crée un véritable état de gouvernabilité. Si vous, “messieurs” les politiques, ne gouvernez pas bien et ne comprenez pas que nous vivons dans un état d’urgence national qui vous oblige à l’unité, vous finirez par régner sur un tas d’ossements et une société d’êtres apeurés, détruits dans leur âme.

Il n’y a pas de vie sans persuasion et sans paix, écrivait Albert Camus, et le Mexique aujourd’hui ne connaît que l’intimidation, la souffrance, la méfiance, la peur qu’un jour un fils ou une fille d’une autre famille ne soit avili et assassiné. Nous ne pouvons plus accepter, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, que la mort ne soit qu’une affaire de statistiques à laquelle nous devrions tous nous habituer. Il est grand temps de rendre sa dignité à notre pays.

dimanche 17 avril 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 02

Voici une nouvelle sélection de documentaires plus ou moins récents, qui je crois valent le détour. Certains d'entre eux sont même visibles librement en ligne (Green, Françafrique et Patent Absurdity par exemple).

-Viva Mexico ! (2010) - Portait du mouvement zapatiste en marche à travers le Mexique.
-Presunto Culpable (2008) - Critique de la justice mexicaine à travers le cas d'un prisonnier innocent.
-Carlitos Medellin (2004) - La foi en la Vie malgré la violence dans une grande ville colombienne.
-Quien Dijo Miedo ? (2010) - Résistance pacifique au Honduras après le coup d'état de 2009.
-South of The Border (2009) - Oliver Stone, cinéaste nord-américain, va à la rencontre des chefs d'état de gauche en Amérique Latine.
-Bassidji (2009) - Entretien en Iran avec la milice religieuse Bassidji, soutien de la dictature d'Ahmadinejad, et obstacle premier à une révolution démocratique iranienne.
-Françafrique (2010) - Relations politiques et business de la France en Afrique.
-House of Numbers (2009) - Qu'est-ce que le Sida ?
-Vaccine Nation (2008) - Les effets secondaires de la vaccination en masse des enfants aux USA.
-Patent Absurdity (2010) - Comment les brevets sur les logiciels cassent l'innovation et inhibent le potentiel de l'outil informatique.
-Gasland (2010) - Etat des lieux aux Etats-Unis où fleurissent les derricks d'extraction du gaz de schiste, provoquant une catastrophe écologique de très grande échelle.
-Into Eternity (2010) - Le chantier délirant d'un stockage souterrain pour déchets nucléaires radioactifs pour 100 000 ans.
-Green (2010) - La déforestation en Indonésie et la survie des Orang-outans.
-La Magie des Haies (2009) - Plaidoyer pour les haies, petites merveilles écologiques pleines d'avenir.
-D'autres Mondes (2004) - Immersion totale dans le chamanisme des Shipibos-Conibos en Amazonie péruvienne.
-Darshan (2003) - Sur la route avec Amma, mère spirituelle indienne, connue mondialement pour avoir pris dans ses bras 29 millions de personnes.

jeudi 14 avril 2011

La fin du nucléaire, le début de l'avenir

Dans Le Monde Diplomatique de ce mois d'avril, l'article "Atome contre biodiversité à Jaitapur" (lien direct) expose la situation tendue dans cette région ouest de l'Inde.
La région de Jaitapur a été choisie pour implanter la plus grande centrale nucléaire du monde. Elle comprendra 6 réacteurs EPR de 1650 mégawatts chacun. Le chantier doit démarrer en 2012 et se terminer en 2017.
Il s'agit d'un énorme contrat entre la compagnie indienne du nucléaire (NPCIL) et le géant français Areva, mais surtout, 70% du financement en dette, avec des prêts notamment du Crédit Agricole, de la BNP et de la Société Générale. Il est même envisagé une garantie d'état française. Bref, beaucoup beaucoup de pognon, pour une technologie pas encore au point : l'EPR en chantier en Europe a explosé son budget et ses contraintes techniques font peur à voir (Greenpeace vous explique tout).
Et sur le terrain : 40 000 villageois que l'on va faire déplacer contre leur gré, une agriculture et une tradition de pêche qui doit s'écraser pour faire place propre, l'endommagement d'une biodiversité exceptionnelle et fragile, et enfin, un risque sismique avéré (jusqu'à 7 sur l'échelle de Richter), au bord de l'océan indien.
A lire aussi pour bien cerner la situation, cet exposé rapide et clair sur le site des Amis de la Terre.

Le fond à retenir dans tout cela est très bien résumé dans l'article du Monde Diplomatique :
"Jaitapur est essentiel à la viabilité d'Areva, explique le physicien Vivek Monteiro, qui a suivi la trajectoire de la société française. Areva est en crise et attend une injection massive de capitaux. Si Jaitapur s'effondre, cette crise va se renforcer. La compagnie française mène donc un lobbying intense auprès du gouvernement indien pour qu'il poursuive ce projet, contre la volonté des habitants."

Alors voilà, nous avons un exemple parfait illustrant l'urgence d'un changement de politique énergétique. Le nucléaire est un boulet financier, doublé d'une épée de Damoclès environnementale et sanitaire à long terme. On reproche aux énergies renouvelables d'être dépendantes des subventions pour être rentables, mais on oublie de dire les milliards qui ont été écoulés depuis des décennies pour que le nucléaire fonctionne aujourd'hui !
Sans parler des dépenses induites par les crises. Exemple : Tchernobyl et ses milliers de liquidateurs irradiés, ses sarcophages démesurés, les soins de santé des populations touchées, les territoires inhabitables...)
Dans cet article du journal Le Monde à propos de la catastrophe de la centrale de Fukushima-Daiishi au Japon, on peut lire qu'une première estimation des dédommagements que la compagnie Tepco aura à payer, s'élève à 130 milliards de dollars. (et la crise n'est pas terminée)

Qui va payer ça ?...

Le nucléaire a fait son temps, merci bien. Accompagnons-le dans sa mort (fin progressive des programmes, démantèlement, etc), remercions-le pour les services rendus (électricité produite), et passons activement à l'ère de l'énergie raisonnable.
Au lieu d'avoir peur pour son avenir, Areva n'a qu'à prendre une profonde inspiration, regarder la planète droit dans les yeux, et se lancer dès aujourd'hui dans sa reconversion totale vers le renouvelable. Le réseau Sortir du nucléaire est un bon guide pour ce changement.

On va y arriver !

mercredi 10 novembre 2010

Les retraites, un trésor impensé

Pour ce billet, j'ai copié le titre d'un article de Bernard Friot dans Le Monde Diplomatique de septembre.
Bernard Friot, économiste et sociologue, a été l'invité de l'émission de Daniel Mermet Là-bas si j'y suis, sur France Inter, le 23 juin dernier, pour parler de la question des retraites.
L'émission est en écoute libre à cette adresse.
Friot nous aide à comprendre que les retraites ne sont pas un problème, comme on veut nous le faire croire, mais sont au contraire un outil social et économique très intéressant et bien plus sain financièrement qu'on ne le pense, qui devrait nous inspirer pour redonner vie au monde du travail. Ses explications sont très claires, et sa vision, rafraichissante et positive, loin des discours pessimistes ambiants.

Dans la continuité, je vous invite à regarder un petit show pédagogique par deux comédiens du "Pavé", expliquant la question des retraites en se basant sur Friot. C'est pas long et ça en dit long ! 1ère partie et 2e partie.

Je termine ce billet avec les dernières mots de Friot chez Mermet :
« Nous avons des tremplins énormes. Ces tremplins, il s'agit de les prolonger. C'est ça être révolutionnaire : c'est voir ce qu'il y a de subversif dans la réalité actuelle, non pas la chercher je ne sais trop où, dans un ailleurs qui n'existe pas. Ce n'est pas faire un pas de côté dans l'utopie (l'utopie est toujours en retard sur la réalité), c'est prolonger ce qu'il y a déjà, de neuf, de vivant, dans le réel. Sortir du discours misérabiliste, sortir du discours mortifère. Il faut sortir de cet incroyable défaitisme collectif, et pour cela, mettre en valeur ce qui est déjà expérimenté avec succès. »

samedi 12 juin 2010

Des documentaires pour savoir et comprendre - 01

Je suis un grand amateur de documentaires, et ces derniers fleurissent ces dernières années, sur des sujets passionnants et rarement abordés dans les médias. Certains sont sortis discrètement au cinéma, d'autres directement à la TV ou en DVD, mais en cherchant bien, il y a moyen de se procurer même les plus rares.
Voici une sélection personnelle, avec le lien vers les bande-annonces :

-The Corporation (2003) - Exploration du monde des multinationales et leur pouvoir démesuré.
-The End of Suburbia (2004) - La folie de la civilisation de la voiture sur le territoire US.
-The Unforeseen (2007) - Face à face entre l'étalement urbain poussé par les promoteurs, et la valeur irremplaçable de sites naturels aux Etats-Unis.
-The Cove (2009) - Une courageuse équipe d'écologistes têtes brûlées s'oppose à un vaste massacre de dauphins dans une baie du Japon.
-La Fin de la Pauvreté ?, de Philippe Diaz (2009) - Comment se fait-il que dans les pays qui s'enrichissent il y ait de plus en plus de pauvres ? Enquête.
-Nouvel Ordre Mondial (quelque part en Afrique), de Philippe Diaz (2001) - Enquête sur le contexte économique, politique et médiatique des massacres en Sierra Leone.
-We Feed The World (2005) - L'état désastreux de l'agriculture dans la mondialisation, et la faim dans le monde.
-Notre Pain Quotidien (2007) - La réalité froide de l'agriculture intensive. Sans commentaire ni musique. Vertigineux.
-Le Cycle Idiot (2009) - Cancer et compagnies pharmaceutiques, une triste histoire de business.
-El Ejido, la loi du profit (2008)- Les inhumaines conditions de travail dans les serres de culture intensive d'Almeria, fournissant fruits et légumes toute l'année pour l'Europe entière.
-La Marche des Gueux (2008) - La force libératrice de la non-violence en Inde, à travers une marche de 25 000 personnes.
-La Vida Loca, de Christian Poveda (2009) - Plongée au cœur des gangs violents du Salvador. Le réalisateur y a laissé sa vie.
-The Coca-Cola Case (2009) - Enquête sur le meurtre de syndicalistes ouvriers de Coca-Cola en Colombie.
-Témoin Indésirable, de Juan José Lozano (2008) - Le combat quotidien d'un journaliste colombien décidé à montrer la dure réalité de la violence dans son pays.
-Pecados de Mi Padre (2009) - Le chemin du fils d'Escobar, plus grand caïd de l'histoire de la Colombie, pour demander pardon aux victimes de son père.
-Au delà de la haine (2005) - En France, les parents d'un jeune homosexuel tué gratuitement, choisissent le pardon plutôt que la haine.

dimanche 4 octobre 2009

La Voz del Pueblo Sudamericano se va...

Ce dimanche 4 octobre est décédée à 74 ans l'immense chanteuse argentine Mercedes Sosa, considérée par beaucoup comme LA voix de l'Amérique Latine.
Dans les années 70 et 80, elle fut en tête du renouveau de la musique folklorique, très engagée socialement. L'Argentine était alors en dictature, ce qui l'avait d'ailleurs amenée à s'exiler en Europe pendant 3 ans. Elle laisse une oeuvre impressionnante, avec une discographie de 35 albums et surtout le souvenir de concerts très énergiques et populaires.
En introduction à son oeuvre, je conseille le symbolique Live "En Argentina" (1982), enregistré à son retour d'exile. Pour les hispanophones et anglophones, il y a aussi le documentaire Sera Posible el Sur ? qui raconte le lien profond entre la chanteuse et le peuple sud-américain.
Et les chansons qui m'ont personnellement marquées sont Alfonsina y El Mar, Todo Cambia, Soy Pan Soy Paz Soy Mas, Solo le Pido a Dios, et enfin Balderrama, qui fut choisie comme conclusion touchante du récent film "Che 2e partie - Guerilla".