dimanche 17 juillet 2011

Au coeur de Strasbourg

Je me suis récemment rendu pour la première fois à Strasbourg. C'est fascinant comme l'on peut découvrir et connaître un lieu à distance à travers paroles, textes et images, et s'y sentir alors si familier lorsque finalement on se retrouve sur place. La capitale alsacienne m'a clairement fait cet onirique effet. Trois jours de rêve réalisé, de découverte progressive de la cité et de sa féerique architecture. Lors de ma visite, j'ai tenté de transcrire en photo l'essence de cette majestueuse cité. Vous pouvez en voir plus en suivant ce lien.
Artisans de l'Histoire, merci d'avoir accompli ces prodiges de pierre, de verre et de bois ! Vous avez atteint l'éternité à travers vos œuvres et n'avez jamais cessé d'émouvoir les passants...
















samedi 16 juillet 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 04

Voici une nouvelle sélection de documentaires qui me semblent mériter de l'attention. Toujours quelques sujets sombres, mais cette fois-ci, une majorité de positifs, sur l'éducation, la souveraineté alimentaire et la résilience. Certains comme The Big Fix et Vivre sans argent sont tout frais de cette année, et devraient pouvoir se voir au cinéma.
Cliquez ici pour afficher toutes mes sélections de documentaires à la fois.

-The Power of Community – How Cuba Survived Peak Oil (2006) - Comment l'île de Cuba s'est organisée pour vivre sans pétrole.
-Vivre sans argent (2011) - Depuis 15 ans, Heidemarie Schwermer vit sans argent, et ça se passe très bien !
-Semences d’autonomie (2009) - L'agroécologie pour la souveraineté alimentaire à Tacharane (Mali) grâce aux enseignements de Pierre Rabhi et son association Terre et Humanisme.
-The Garden (2008) - Bataille citoyenne pour sauver un jardin communautaire au cœur de Los Angeles.
-Satoyama - Japan's Secret Watergarden (2004) - L'art japonais du Satoyama : paysage habité et cultivé en harmonie avec les éléments naturels.
-Scared Sacred (2004) - L'incroyable capacité de résilience dans les lieux les plus meurtris.
-Plus jamais peur (2011) - Rencontre du peuple Tunisien à l'heure de la révolution.
-Crude (2009) - Résistance en Equateur contre le géant pétrolier et super pollueur Texaco.
-The Yes Men Fix The World (2009) - Documentaire sur les Yes Men, 2 activistes secouant le monde du gros business par des actions surprises étalant la vérité là où règne le mensonge et le silence.
-The Agronomist (2003) - La vie de Jean-Dominique, célèbre journaliste haïtien engagé jusqu’à la mort pour la justice, la démocratie et la liberté d'expression.
-Cocalero (2007) - Le parcours paysan et militant d'Evo Morales, président de la Bolivie.
-L'école de la liberté (2003) - L'expérience d'un mode d'éducation en harmonie avec la vie rurale de l'Andhra Pradesh en Inde.
-A Force More Powerful (1999) - Panorama historique de la stratégie de la non-violence à travers le monde.
-The Big Fix (2011) - Enquête sur les réels causes et conséquences de la marée noire de la plate forme BP dans le Golfe du Mexique en 2010.
-Whaledreamers (2006) - Rencontre d'une tribu aborigène liée spirituellement aux baleines.
-I Know What I Saw (2007) - Enquête sérieuse et récente sur la réalité des observations d'OVNI.

mercredi 13 juillet 2011

Avatar, James Cameron, 2009

Au milieu de mes derniers messages très politiques et polémiques, petit détour rafraîchissant dans le monde du cinéma. J'ai l'habitude sur ce blog de rendre hommage à l'imagerie du 7e art, et ça fait un moment que j'avais envie de faire un post sur Avatar.
Voilà un film que l'on peut rapidement juger de "commercial". Pas de doute, c'est un "blockbuster" bien spectaculaire, au scénario simpliste et aux personnages stéréotypés. Sauf que derrière les clichés, le grand spectacle et les omniprésents effets spéciaux, il y a dans ce film un voyage dépaysant, symbolique et quasi initiatique, par lequel le réalisateur James Cameron nous fait découvrir la résistance du peuple d'une planète contre les colons humains. Ce schéma (colons contre autochtones) ô combien calqué sur la vraie histoire humaine, Cameron, dingue de science-fiction depuis l'enfance, a voulu l'explorer sous une forme la plus exotique possible, loin dans le futur et dans l'espace, nous décollant de la terre pour ensuite mieux nous y reconnecter.
On peut reprocher à Avatar son grand paradoxe : un budget colossal et une débauche de haute technologie au service d'une histoire rendant hommage aux peuples dépouillés matériellement et proches de la nature. Pour moi, Avatar est une sorte de pont tendu entre la société de consommation et la conscience écologiste (aussi naïve et incohérente que puisse être cette intention). Par sa forme "grand spectacle", Avatar attire des foules qui viennent se divertir, et par son fond, il insuffle à ces mêmes foules une prise de conscience subversive multiple : l'interdépendance des êtres dans l'écosystème, notre lien spirituel avec l'animal et le végétal, l'épanouissement du corps et de l'esprit, et surtout la nécessité d'une rébellion collective contre le système capitaliste et guerrier menaçant l'avenir de la vie sur la planète.
Alors si Avatar aura réussi à introduire à l'écologie et à l'altermondialisme ne serait-ce qu'un centième de ses centaines de millions de spectateurs, ce sera plutôt pas mal pour un film de science-fiction...

Et visuellement, on voyage :










dimanche 26 juin 2011

Midnight Oil, rock punk australien engagé

Il y a des groupes qu'on aimerait ne jamais voir arrêter leur parcours... Midnight Oil, groupe rock punk australien né en 1978, a connu un grand succès en 1987 avec l'album Diesel and Dust d'où est tiré leur chanson la plus célèbre : Beds Are Burning. Bien sûr, il ne faut surtout pas s'arrêter à ce titre phare (aussi excellent soit-il), et aller explorer leurs 12 albums venus tout droit de l'Outback. Midnight Oil, c'est du son brut et des textes militants, contre la prolifération des armes, le nucléaire, les dégâts causés à l'environnement, mais c'est aussi et surtout des chansons puissantes défendant la cause des Aborigènes australiens.
Le groupe a pris fin en 2002 lorsque son chanteur leader emblématique Peter Garrett s'est lancé dans la politique en Australie. Il a été nommé ministre de l'environnement en 2007, mission qui l'a amené à plusieurs reprises à faire de lourds compromis (pour un activiste aussi acharné !) sur la forêt en Tasmanie et l'exploitation d'uranium notamment. Il est depuis fin 2010 ministre de l'éducation.
Concernant Midnight Oil, voici quelques titres que je conseille particulièrement :
Kosciuszko, The Dead Heart, Put Down That Weapon, Bullroarer, Sell My Soul, One Country, Blue Sky Mining, Truganini, White Skin Black Heart, Luritja Way

jeudi 23 juin 2011

Affiches nucléaires

Voici 2 affiches que je viens de réaliser afin de faire réfléchir les français sur le nucléaire.
Vous pouvez les faire circuler en ligne, les afficher où vous voulez.
Il est temps, vraiment temps, de mettre fin à la politique nucléaire de la France.
Et pour cela, le peuple doit être informé, et faire clairement entendre son avis.

Alex, un expatrié français à Tokyo depuis 10 ans, pousse un coup de gueule magistral, en tant que témoin au Japon de l'évolution du drame de Fukushima :
A VOIR ICI.

Je conseille la visite du site Cartoradiations, où vous aurez des infos sur Fukushima et les autres accidents nucléaires en cours (Fort Calhoun aux USA, etc). Beaucoup d'infos qui dans les médias sont passées sous silence.
Et bien sûr, le réseau Sortir du Nucléaire, référence en France, à la fois lanceur d'alerte et défenseur de solutions.

Nous sommes des millions à risquer de subir un accident radioactif en France.
Nous pouvons être des millions dans la rue pour demander le changement.

lundi 30 mai 2011

Mes affiches pour le mouvement "Démocratie Réelle Maintenant!"

L'Union fait la Force


A Grenoble, place Victor Hugo, chaque soir à 20h depuis le 20 mai, a lieu une assemblée citoyenne "révolutionnaire" (blog), dans la continuité du mouvement de fond Democracia Real Ya!, commencé en Espagne, en train de se répandre en France et ailleurs. (lien)
Voici une réflexion personnelle qui m'est venue aujourd'hui, après presque une semaine d'implication dans le mouvement :

Pourquoi suis-je là dehors dans la rue ?
Pourquoi ai-je envie de suivre le mouvement lancé par la « Révolution Espagnole » ?
J'ai fondamentalement envie d'un vrai grand pas évolutif dans la société. Je veux vivre dans un monde où les gens s'écoutent, prennent soin les uns des autres, et sachent se réunir pour le bien commun. Voilà mon rêve. Voir les images de ces places publiques dans le monde arabe et en Espagne, remplies de milliers de personnes unies par un rêve de changement de conscience, voir cela donne envie d'essayer chez soi.
Chez moi, c'est la France. Je ne sais pas de quoi la France est capable en terme de soulèvement citoyen, mais j'avoue avoir assez peu d'espoir. Et pourtant, j'ai envie d'essayer. Au cas où, on ne sait jamais.
Cela fait une semaine qu'à Grenoble un groupe motivé se réunit. On stagne entre 100 et 200 personnes. Et parfois nous sommes à peine 50. Bref, pas très impressionnant. Mais il y a eu de belles rencontres, de très belles expressions d'optimisme et de vie, et il est clair que cette expérience est déjà admirable et marquante. Je n'ai jamais fais ce que nous faisons là, et nous sommes nombreux dans ce cas. Prendre la rue, se réapproprier l'espace public, dialoguer avec le peuple, dans le peuple, pratiquer la démocratie dans une assemblée improvisée sur une place publique, c'est pas habituel. Surtout dans une société si individuelle.
Dans le monde actuel, ce qui m'inquiète le plus, c'est l'individualisme. Le concept de « bien commun » est étranger à l'homme individualiste. Nous qui nous réunissons, nous avons semble t-il un bien commun : le rêve. Nous rêvons, et nous tenons à nos rêves. Nous aimerions donner envie à tout le monde de rêver tout autant, et vivre le plaisir d'exprimer ses rêves.

Sur cette place et sur les autres, en France, en Espagne et ailleurs, on parle de changer le système, on critique banquiers et politiciens... Je commence à comprendre quelque chose : il faut aussi que le peuple évolue lui-même, apprenne à s'exprimer, à s'interconnecter, et à explorer tout ce qui n'est pas du ressort du système. Nous pouvons (et nous devons) demander un changement de système, mais nous devons aussi prendre conscience de notre rôle en tant qu'individu.
Le monde est ce que les gens en font. Nous sommes les gens. Nous devons changer, tout autant que le système.
C'est pour cela que ce que j’attends avant tout de ce mouvement « spontané », c'est la connexion entre nous tous, la démonstration éclatante de notre unité en tant que peuple.
Je n'attends pas de ce mouvement un programme politique, des idées de lois ou de réformes. Je ne doute pas de notre capacité à trouver des solutions politiques. Non, ce qui pour moi sera un événement exceptionnel, c'est quand nous serons non plus quelques dizaines sur les places françaises, mais des milliers, capables de se rencontrer, se relier, s'écouter et être simplement LÀ, solidaires.
Le système, ce n'est pas simplement les politiciens et les banquiers. Le système, c'est aussi cet engrenage interminable du métro boulot dodo, dont beaucoup sont l'esclave tout en l'acceptant. Incessant mécanisme qui garde la plupart d'entre nous indisponibles pour un soulèvement, aussi nécessaire puisse t-il être.
Si nous ne sommes pas des machines, prouvons-le : réunissons nous tous sur la place, entre êtres humains libres et pensants, souverains de leur avenir.
Faire réellement la démonstration de notre liberté et de notre capacité à ne faire qu'UN, cela sera réellement extraordinaire et constituera un message immense envoyé aux décideurs. Surtout à ceux qui aiment à nous opposer.
Il y a une différence entre un humain et un mouton, mais nous devons le montrer !

mardi 24 mai 2011

Une révolution globale qui commence...

Une puissante révolte citoyenne pacifiste a lieu depuis le 15 mai en Espagne, s'exprimant partout dans le pays. Sur la place de la Puerta Del Sol, à Madrid, c'est un véritable village alternatif qui s'est installé (voir la place en webcam), fournissant tout le nécessaire vital aux manifestants, dont beaucoup sont sans emploi ou sans abri.
Ce mouvement populaire exceptionnel en Espagne se nomme Democracia Real (Vraie Démocratie - site web). C'est un véritable écho du printemps arabe et de la désormais célèbre Place Tahrir au Caire, village citoyen du soulèvement égyptien. Ces dizaines de milliers de manifestants, dit "Los Indignados", appellent à un changement profond de société pour en finir avec la crise du logement, la crise économique, les spéculateurs financiers, la politique inefficace et non démocratique. Comme dans les pays arabes, ces manifestations sont massivement portées par la jeunesse, qui n'en peut plus des dégâts causés par la finance sans limite, la corruption, le copinage politique et économique. Le peuple ne veut plus payer pour les erreurs et les abus des puissants. C’en est fini !
Le peuple veut rêver et réaliser une vraie démocratie, changer cet horizon sombre en un avenir meilleur, plus juste et plus humain.

Et maintenant, en France, des manifestations de soutien au soulèvement espagnol s'organisent un peu partout. Certes, pour le moment, rien de comparable à ce qui se passe en Espagne. Mais déjà quelques premiers rassemblements et des distributions de tracts dans les villes, et bien sûr, beaucoup de discussions et d'émulation sur internet. Qui sait jusqu'où nous pouvons aller...?

Pour suivre l'actualité des mouvements de la société civile en France :
Indymedia Paris-Ile-de-France
Indymedia Grenoble
(d'autres Indymedia existent pour d'autres villes)
Et enfin, pour suivre l'étendue de la révolution globale :
UNE CARTE DES MOBILISATIONS DANS LE MONDE

Dans un pays comme la Chine, ça bouge aussi (article du 23 mai), mais les autorités chinoises s'arrangent pour que ça ne se sache pas, et nos médias n'en parlent quasiment pas. Les médias nous parlent en revanche des révoltes en Syrie, mais le pouvoir syrien s'obstine à répondre par la violence et la manipulation à ces mouvements pacifiques.

Alors, à ceux qui se soulèvent dans les pays les plus répressifs, envoyons du courage ! Et parlons-en autour de nous !

dimanche 15 mai 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 03

Décidément, on découvre toujours de nouveaux documentaires. Ils ont fleuri ces dernières années ! Voici donc une nouvelle sélection, bien variée encore une fois, avec autant de cris d'alarmes que de preuves de changements positifs dans le monde.
Les films End:Civ et Earthlings sont officiellement visibles en ligne, ce qui est rare. Pour chaque film, je donne le lien vers la bande-annonce ou à défaut, une page d'information :

-Favela Rising (2005) - La musique dans les favelas de Rio comme parade à l'escalade de la violence.
-Tierra Sublevada (2009) - Résistances de la société civile en Argentine face à l'industrie minière.
-Campesinos (2008) - La lutte paysanne en Bolivie pour la souveraineté alimentaire.
-Cultivando Flores del Futuro : Agua Boa (2009) - Reportage sur un ambitieux programme de développement territorial écologique et de démocratie participative autour d'un barrage au Brésil.
-Blue Gold - World Water Wars (2008) - La guerre pour l'eau ne fait que commencer.
-Water Makes Money (2010) - Multinationales de l'eau et municipalités, gestion privée et gestion publique d'un bien commun.
-The End of The Line (2009) - Les ravages de la pêche intensive sur les océans.
-Blood In The Mobile (2010) - Enquête choc au Congo dans les mines de Coltan, minerai utilisé dans nos téléphones portables.
-Let's Make Money (2008) - Enquête dans le système financier mondial.
-Countdown to Zero (2010) - Histoire de la bombe atomique et plaidoyer pour un désarmement nucléaire total.
-End:Civ – Resist Or Die (2010) - « Si ton pays se faisait envahir par des extraterrestres qui coupent des forêts, qui empoisonnent l’eau et l’air et contaminent les réserves de nourriture, résisterais-tu ? ». Film visible gratuitement.
-Earthlings (2005) - La réalité de la violence de l'homme sur l'animal à travers le monde. Film visible gratuitement. Attention, images très dures à regarder.
-Buck (2011) - A la rencontre Buck Brannaman, communicateur avec les chevaux, qui a inspiré le livre et le film "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux."
-Arbres (2001) - Voyage immobile et apaisant à la rencontre des arbres du monde.
-A Natural Way (2011) - A la découverte de la médecine traditionnelle en Inde, Chine et Tibet.
-Enquête sur le monde invisible (2002) - Voyage en Islande auprès de celles et ceux qui communiquent avec le monde invisible.

samedi 14 mai 2011

Peintures de Beatriz Aurora

Vous avez peut-être déjà vu ces peintures de style "naïf", représentant les communautés du Chiapas (Mexique) avec ces fameux visages de zapatistes cachés par des foulards ou des cagoules. L'auteur de ces peintures est Beatriz Aurora, artiste chilienne naturalisée mexicaine.
Ses œuvres respirent l'humanisme, la culture communautaire et l'harmonie écologique. Ce "monde meilleur" qu'elle peint, c'est la vision des communautés zapatistes, expérimentant dans la réalité une autre société, une autre éducation à la vie et à la nature, un autre sens de l'existence.
Le style pictural naïf a pour effet de tout mettre à la même échelle : les humains, les animaux, les plantes, le cosmos... Dans ses peintures, on cueille des étoiles, on joue avec un jaguar, on a le Soleil et la voûte céleste en même temps au dessus de nous, on embrasse la planète dans sa plus totale diversité...
Le monde est magie, quand l'on parvient à s'harmoniser avec son abondance.

Pour en voir davantage, voici le site officiel de Beatriz Aurora.

Au passage, j'en profite pour donner aussi le lien vers les peintures d'un autre artiste "naïf" : le français Combaz, illustrateur de Sat'Info, journal des magasins bio Satoriz. Je pense qu'il a été quelque peu influencé par Mme Aurora...

dimanche 8 mai 2011

"Love is the solution"

J'ai découvert tout récemment les actions subversives de la bande de Charlie Veitch (photo), The Love Police. Leur idée est d'aller parler à la population dans les rues de Londres ou de New York avec un haut-parleur, et mettre directement le pied dans le plat de la société de consommation et de l'état policier et déshumanisé, en parlant avec le coeur. Une approche pacifique, humoristique et efficace pour éveiller petit à petit les consciences.
Je vous laisse découvrir leur action à travers 2 séquences assez géniales :
-Vivre autre chose
-Tout va pour le mieux dans le métro de New-York

Et pour mieux comprendre l'approche de Charlie Veitch, voici son appel au réveil du peuple pour le 11 septembre 2011 - "la fin de la terreur".

mercredi 20 avril 2011

MEXIQUE - Appel à la paix et la justice, de Javier Sicilia

Pour la première fois sur ce blog, je retranscris un texte en entier. Parce qu'il me touche beaucoup et qu'il doit être élevé le plus haut possible, afin que les choses changent au Mexique.
Cet appel du poète et écrivain Javier Sicilia est paru début avril dans le journal mexicain Proceso.
(source intermédiaire : Courrier International)


Le brutal assassinat de mon fils Juan Francisco et ceux de Julio César Romero Jaime, de Luis Antonio Romero Jaime et de Gabriel Anejo Escalera [retrouvés morts, les mains attachés et avec des signes de torture le 28 mars] viennent s’ajouter à la longue liste de ces jeunes gens et jeunes filles sacrifiés aux quatre coins de notre pays. C'est non seulement la guerre déclenchée par le gouvernement Calderón [en décembre 2006] contre la criminalité organisée qui les a tués, mais aussi le cœur pourri d'une classe politique mal nommée et qui a perdu tout sens de l’honneur.

Nous en avons par-dessus la tête de vous, les politiques — et quand je dis politiques, je ne pense à aucun responsable en particulier, mais à une bonne partie d’entre vous, y compris ceux qui composent les partis. Car dans vos luttes pour le pouvoir, vous avez déchiré le tissu de la nation. Au milieu de cette guerre mal engagée, mal faite, mal dirigée, cette guerre qui a mis le pays en état d’urgence, vous avez été incapables de créer les consensus dont le pays a besoin pour atteindre à l’unité sans laquelle il n’y aura pas d’issue possible : vos mesquineries, vos bagarres et vos rivalités dérisoires sont passées avant tout. Nous en avons ras le bol parce que la corruption des institutions judiciaires donne lieu à des complicités avec les criminels et favorise l’impunité. Nous en avons plus qu’assez parce qu’avec cette corruption qui signe l’échec des autorités, chaque citoyen de notre pays est réduit à ce que le philosophe Giorgio Agamben appelle, utilisant un mot grec, zoe : la vie non protégée, la vie d’un animal, d’un être qu’on peut séquestrer, violenter, assassiner impunément.

Nous en avons jusque-là parce que, dans ce pays, il ne reste plus d’imagination que pour la violence, pour les armes, pour l’insulte, ce qui va de pair avec un profond mépris pour l’éducation, la culture, le travail honnête et ce qui fait les bonnes nations. Nous en avons jusque-là parce qu’à cause de cette absence d’imagination nos jeunes, nos enfants sont assassinés, puis faussement accusés d’être partie prenante de la criminalité. Nous en avons plus qu’assez parce qu’une autre frange de nos jeunes, faute d’une politique digne de ce nom, ne peut pas recevoir une véritable éducation, trouver un travail décent, et que, relégués vers la marge, ils deviennent des recrues de choix pour la criminalité organisée et la violence. Nous en avons jusque-là parce qu’à cause de tout cela les citoyens ont perdu confiance en ceux qui les gouvernent, en leur police et leur armée, parce qu’ils ont peur et qu’ils souffrent. Nous en avons jusque-là parce que tout ce qui importe à la classe politique, au-delà même d’un pouvoir impuissant, réduit à la gestion du malheur, c’est l’argent, aiguillon de leur concurrence, de leur putain de “compétitivité” et de la consommation à outrance, qui ne sont jamais que d’autres noms de la violence.

Nous en avons jusque là de vous, les criminels, de votre violence, de votre déshonneur, de votre cruauté, de votre déraison. Il fut un temps où vous aviez le sens de l’honneur. Vous n’étiez pas si cruels dans vos règlements de compte, vous ne vous en preniez ni aux citoyens ni à leurs familles. Mais, désormais, vous ne faites plus la différence entre les criminels et les citoyens. Votre violence ne peut plus être nommée, parce que même la douleur et la souffrance qu’elle entraîne n’ont plus de nom ni de sens. Vous avez perdu jusqu’à la dignité dans le meurtre. Vous êtes devenus des lâches, vous ne valez pas mieux que les Sonderkommandos nazis qui assassinaient en toute inhumanité des jeunes gens, des jeunes filles, des femmes, des hommes et des vieillards, c’est-à-dire des innocents. Nous en avons jusque-là parce que votre violence est devenue inhumaine, même pas animale — des animaux ne feraient jamais ce que vous faites —, mais imbécile, démoniaque. Nous en avons jusque-là parce que la soif de pouvoir et d’enrichissement vous amène à humilier nos enfants, à les broyer. Vous ne laissez dans votre sillage que la peur et l’épouvante.

Vous, “messieurs” les politiques, et vous, “messieurs” les criminels — j’emploie des guillemets parce que cette appellation ne s’applique qu’à des gens honorables —, avec vos omissions, vos querelles, vos actes, vous avilissez la nation. La mort de mon fils Juan Francisco a suscité un élan de solidarité et un cri d’indignation de la part des citoyens et des médias, ce dont ma famille et moi-même sommes profondément reconnaissants. Une telle indignation fait de nouveau retentir à nos oreilles cette formule si juste que Martí adressait aux gouvernants : “Si vous ne pouvez pas, démissionnez”. Après tous les milliers de cadavres, anonymes pour beaucoup d’entre eux, que nous laissons derrière nous, tant d’innocents assassinés et avilis, il faut maintenant de grandes mobilisations citoyennes qui obligent les politiques à travailler ensemble sur un ordre du jour qui rassemble la nation et crée un véritable état de gouvernabilité. Si vous, “messieurs” les politiques, ne gouvernez pas bien et ne comprenez pas que nous vivons dans un état d’urgence national qui vous oblige à l’unité, vous finirez par régner sur un tas d’ossements et une société d’êtres apeurés, détruits dans leur âme.

Il n’y a pas de vie sans persuasion et sans paix, écrivait Albert Camus, et le Mexique aujourd’hui ne connaît que l’intimidation, la souffrance, la méfiance, la peur qu’un jour un fils ou une fille d’une autre famille ne soit avili et assassiné. Nous ne pouvons plus accepter, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, que la mort ne soit qu’une affaire de statistiques à laquelle nous devrions tous nous habituer. Il est grand temps de rendre sa dignité à notre pays.

dimanche 17 avril 2011

Des documentaires pour savoir et comprendre - 02

Voici une nouvelle sélection de documentaires plus ou moins récents, qui je crois valent le détour. Certains d'entre eux sont même visibles librement en ligne (Green, Françafrique et Patent Absurdity par exemple).

-Viva Mexico ! (2010) - Portait du mouvement zapatiste en marche à travers le Mexique.
-Presunto Culpable (2008) - Critique de la justice mexicaine à travers le cas d'un prisonnier innocent.
-Carlitos Medellin (2004) - La foi en la Vie malgré la violence dans une grande ville colombienne.
-Quien Dijo Miedo ? (2010) - Résistance pacifique au Honduras après le coup d'état de 2009.
-South of The Border (2009) - Oliver Stone, cinéaste nord-américain, va à la rencontre des chefs d'état de gauche en Amérique Latine.
-Bassidji (2009) - Entretien en Iran avec la milice religieuse Bassidji, soutien de la dictature d'Ahmadinejad, et obstacle premier à une révolution démocratique iranienne.
-Françafrique (2010) - Relations politiques et business de la France en Afrique.
-House of Numbers (2009) - Qu'est-ce que le Sida ?
-Vaccine Nation (2008) - Les effets secondaires de la vaccination en masse des enfants aux USA.
-Patent Absurdity (2010) - Comment les brevets sur les logiciels cassent l'innovation et inhibent le potentiel de l'outil informatique.
-Gasland (2010) - Etat des lieux aux Etats-Unis où fleurissent les derricks d'extraction du gaz de schiste, provoquant une catastrophe écologique de très grande échelle.
-Into Eternity (2010) - Le chantier délirant d'un stockage souterrain pour déchets nucléaires radioactifs pour 100 000 ans.
-Green (2010) - La déforestation en Indonésie et la survie des Orang-outans.
-La Magie des Haies (2009) - Plaidoyer pour les haies, petites merveilles écologiques pleines d'avenir.
-D'autres Mondes (2004) - Immersion totale dans le chamanisme des Shipibos-Conibos en Amazonie péruvienne.
-Darshan (2003) - Sur la route avec Amma, mère spirituelle indienne, connue mondialement pour avoir pris dans ses bras 29 millions de personnes.

jeudi 14 avril 2011

La fin du nucléaire, le début de l'avenir

Dans Le Monde Diplomatique de ce mois d'avril, l'article "Atome contre biodiversité à Jaitapur" (lien direct) expose la situation tendue dans cette région ouest de l'Inde.
La région de Jaitapur a été choisie pour implanter la plus grande centrale nucléaire du monde. Elle comprendra 6 réacteurs EPR de 1650 mégawatts chacun. Le chantier doit démarrer en 2012 et se terminer en 2017.
Il s'agit d'un énorme contrat entre la compagnie indienne du nucléaire (NPCIL) et le géant français Areva, mais surtout, 70% du financement en dette, avec des prêts notamment du Crédit Agricole, de la BNP et de la Société Générale. Il est même envisagé une garantie d'état française. Bref, beaucoup beaucoup de pognon, pour une technologie pas encore au point : l'EPR en chantier en Europe a explosé son budget et ses contraintes techniques font peur à voir (Greenpeace vous explique tout).
Et sur le terrain : 40 000 villageois que l'on va faire déplacer contre leur gré, une agriculture et une tradition de pêche qui doit s'écraser pour faire place propre, l'endommagement d'une biodiversité exceptionnelle et fragile, et enfin, un risque sismique avéré (jusqu'à 7 sur l'échelle de Richter), au bord de l'océan indien.
A lire aussi pour bien cerner la situation, cet exposé rapide et clair sur le site des Amis de la Terre.

Le fond à retenir dans tout cela est très bien résumé dans l'article du Monde Diplomatique :
"Jaitapur est essentiel à la viabilité d'Areva, explique le physicien Vivek Monteiro, qui a suivi la trajectoire de la société française. Areva est en crise et attend une injection massive de capitaux. Si Jaitapur s'effondre, cette crise va se renforcer. La compagnie française mène donc un lobbying intense auprès du gouvernement indien pour qu'il poursuive ce projet, contre la volonté des habitants."

Alors voilà, nous avons un exemple parfait illustrant l'urgence d'un changement de politique énergétique. Le nucléaire est un boulet financier, doublé d'une épée de Damoclès environnementale et sanitaire à long terme. On reproche aux énergies renouvelables d'être dépendantes des subventions pour être rentables, mais on oublie de dire les milliards qui ont été écoulés depuis des décennies pour que le nucléaire fonctionne aujourd'hui !
Sans parler des dépenses induites par les crises. Exemple : Tchernobyl et ses milliers de liquidateurs irradiés, ses sarcophages démesurés, les soins de santé des populations touchées, les territoires inhabitables...)
Dans cet article du journal Le Monde à propos de la catastrophe de la centrale de Fukushima-Daiishi au Japon, on peut lire qu'une première estimation des dédommagements que la compagnie Tepco aura à payer, s'élève à 130 milliards de dollars. (et la crise n'est pas terminée)

Qui va payer ça ?...

Le nucléaire a fait son temps, merci bien. Accompagnons-le dans sa mort (fin progressive des programmes, démantèlement, etc), remercions-le pour les services rendus (électricité produite), et passons activement à l'ère de l'énergie raisonnable.
Au lieu d'avoir peur pour son avenir, Areva n'a qu'à prendre une profonde inspiration, regarder la planète droit dans les yeux, et se lancer dès aujourd'hui dans sa reconversion totale vers le renouvelable. Le réseau Sortir du nucléaire est un bon guide pour ce changement.

On va y arriver !

mercredi 13 avril 2011

Reposons le monde : Méditons...

Avez-vous déjà essayé de méditer ?

C'est à la portée de tout le monde.
C'est une véritable hygiène mentale, un puissant moyen d'apaiser les tensions du corps, et à mon avis, un excellent moyen pour changer le monde en utilisant nos méconnues capacités intérieures.
Pas besoin d'avoir une religion ni d'avoir quelque croyances ou connaissances particulières. Tout cela n'est que bagage superficiel, comparé à la pureté de l'expérience intérieure que permet cette très simple pratique spirituelle ("de l'esprit").

Voici une base de méditation :
-Asseyez-vous (ou allongez-vous). Le confort est important. L'idée est de se détendre.
-Posez vos mains paumes vers le haut, complétement relaxées.
-Fermez les yeux
-Respirez doucement et profondément
-Prenez le temps de sentir chaque partie de votre corps, en commençant par les pieds, étape par étape, et en terminant sur le visage. Prenez conscience des ressentis ou tensions possibles.
-Si des pensées circulent dans votre tête, ce n'est pas grave. Laissez-les passer. La méditation est l'occasion de tout relâcher, de laisser tomber le contrôle mental et le jugement. Contentez-vous d'observer ce qui se passe.
-Souriez intérieurement et extérieurement, et profitez à chaque respiration de cet instant de détente que vous vous offrez...
-Allez aussi loin que vous le voulez, et n'hésitez pas à en faire une habitude quotidienne. On sent vite la différence.

Pour ceux qui veulent du concret, voici un article sur les résultats d'une étude scientifique constatant les effets de la méditation sur le cerveau. Passionnant.



(photo : extrait du film Baraka)

mercredi 9 mars 2011

Mon book complet en ligne

Je viens de mettre en ligne mon "book" complet sur Picasa. Vous y trouverez dessin traditionnel, photo-montages, photographie, infographie, modélisations 3D, conception architecturale et artisanat en bambou.
Je conseille pour le visionner de choisir le mode diaporama, puis d'appuyer sur F11 pour passer en plein écran (et F11 pour en sortir).
Par ici la visite...